L’édition 2025 du pèlerinage annuel de Sèmè-Plage restera comme un tournant majeur dans l’histoire de l’Église du Christianisme Céleste (ECC). Bien plus qu’un simple rendez-vous spirituel, elle consacre officiellement l’ouverture d’une nouvelle ère, marquée par l’unité retrouvée d’une Église longtemps éprouvée par les divisions. Pour la première fois depuis plus de quarante ans, la célébration de la Nativité s’est tenue concomitamment avec les travaux du Conseil Supérieur de Transition (CST), organe clé du processus d’unification, offrant aux fidèles l’image d’une institution désormais rassemblée.
Dès l’aube, le haut lieu spirituel de Sèmè-Plage a été envahi par une impressionnante marée humaine, toute de blanc vêtue. Des milliers de pèlerins, venus du Bénin, du Nigeria et de nombreux autres pays, ont convergé vers ce sanctuaire pour communier autour de la naissance du Christ, dans une ferveur collective rare.
Moment central de ce grand rassemblement, le culte de la Nativité a été officié à minuit par le Révérend Pasteur Benett B. Adeogun, Chef mondial de l’ECC et membre du Sacré Collège du CST. La liturgie, fidèle à la tradition céleste, a plongé l’assemblée dans un climat de profonde spiritualité et de recueillement.
Dans son message, empreint de reconnaissance, le Révérend Pasteur Adeogun a rendu grâce pour la protection divine accordée aux nations sœurs du Bénin et du Nigeria. Il a également salué le rôle du gouvernement béninois, conduit par le président Patrice Talon, soulignant que la réussite et la sérénité d’un tel pèlerinage reposent avant tout sur la paix et la stabilité du pays hôte.
« La prospérité spirituelle de nos fidèles ne peut s’épanouir que dans un environnement de paix », a-t-il affirmé.
Au-delà de la dimension spirituelle, cette édition a été marquée par des avancées organisationnelles notables. De nombreux pèlerins ont salué la qualité du dispositif sécuritaire et la fluidité de l’organisation. Un fidèle venu de Côte d’Ivoire n’a pas caché sa surprise face aux changements observés, contrastant fortement avec les éditions précédentes. Le travail du CST sur l’harmonisation des cantiques et l’uniformisation de la liturgie a été unanimement reconnu comme le socle de cette unité retrouvée.
Comme pour sceller symboliquement ce renouveau, le site SBJ Oshoffa a enregistré, au cours du pèlerinage, la naissance de neuf nouveau-nés; cinq garçons et quatre filles. Un signe de vie et d’espérance que de nombreux fidèles interprètent comme un message prophétique pour une Église qui, après quatre décennies de turbulences, semble enfin renaître.
Patrice BIAOU
