Les épreuves du Certificat d’Études Primaires (Cep), du Brevet d’Études du Premier Cycle (Bepc) et du Baccalauréat (Bac) session de juin 2024 sont désormais terminées au Bénin. Les regards sont fixés vers les résultats et les apprenants attendent impatiemment de connaître leur sort. Face à l’anxiété liée à ces résultats, des chercheurs américains en psychologie ont publié quelques conseils pratiques.
Les épreuves des examens sont arrivées à leur terme, laissant place aux corrections et à la proclamation des résultats. Mais la période de stress liée à la préparation ou pendant les examens pour ces apprenants n’est pas terminée pour autant en raison de l’attente de la délibération (période post-examen). Tandis que certains font des cauchemars, d’autres succombent à l’anxiété. « Est-ce que ça va marcher ? Que ferais-je au cas contraire ? Ôh Dieu ! ». Majoritairement, telles sont autant de questions qu’ils se posent, occasionnant ainsi des insomnies croissantes.
Que faut-il faire pour battre un tel stress ?
En 2014, des chercheurs américains en psychologie ont publié une étude a priori peu encourageante dans le Journal of Personality and Social Psychology. Selon eux, le stress de l’attente des résultats est quasi-inéluctable après un examen. Et il est inutile d’essayer de penser à autre chose : c’est tout bonnement impossible, et aucun étudiant ou lycéen n’y arrive. En revanche, il est possible, selon Kate Sweeny, auteure de l’étude, de voir les choses sous un meilleur jour et d’être plus à l’aise avec l’incertitude. Sa recette est de dissocier, d’avance, les résultats à venir de ce que vous êtes. « Si vous vous convainquez que l’examen n’est pas important, que c’est juste une épreuve que vous devez passer et qui ne reflète pas votre valeur ni vos capacités, cela vous permettra de ne pas accabler votre ego » explique-t-elle dans le Time.
Ce n’est pas parce que vos efforts n’ont pas été récompensés cette fois-ci que votre personne en est entièrement responsable. De nombreux éléments peuvent en effet entrer en ligne de compte : le stress, un manque de calme autour de vous, une prise de conscience trop tardive de l’importance de l’enjeu, etc. En clair, un échec ne signifie pas que vous êtes nul, et donc que vous ne pouvez pas rebondir. Si vous avez raté l’écrit, vous pouvez encore réussir l’oral. Si vous n’êtes même pas au rattrapage cette année, vous aurez peut-être une mention l’an prochain. Garder cela en tête permet d’être plus à l’aise avec l’incertitude pendant les moments d’attente.
Pour la Gestalt-thérapie, un courant de la psychologie qui s’intéresse au lien entre les personnes et leur environnement, une grande impatience reflète souvent une volonté de vouloir tout maîtriser ou tout contrôler. Or, dans cette période d’attente post-examen, on n’a plus d’influence sur le cours des choses. Les épreuves ont déjà été passées, et le destin est entre les mains des correcteurs. Une telle prise de conscience incite, en elle-même, au « lâcher-prise ». À propos, on peut lire dans l’ouvrage « J’arrête de râler au boulot », de Christine Lewicki et Emmanuelle Nave, ce qui suit : «… si la situation ne peut pas être changée, alors cela ne vaut vraiment pas le coup d’y consacrer la moindre énergie …». Une exhortation qui vaut dans la vie professionnelle comme scolaire. Et même au-delà, « il n’y a qu’une route vers le bonheur, c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté », écrivait, il y a 2000 ans, le philosophe Epictète.
Un bon moyen pour éviter de ressasser ce passé sur lequel nous n’avons plus d’influence consiste à se projeter vers l’avenir. Une période d’attente peut ainsi être l’occasion de se poser la question : que fera-t-on une fois le résultat enfin connu, qu’il soit positif ou négatif ? « L’important est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début ce que sera la vie après le résultat », assure Charles Martin-Krumm, président de l’Association française de psychologie positive. Dès maintenant, il est important de commencer à préparer l’année prochaine : les fournitures que vous allez acheter, les livres ou les annales que vous lirez, ce que vous changerez dans votre attitude pour vous améliorer si les résultats sont négatifs cette année.
Peu importe le résultat, vous sortirez grandi de cette épreuve
Enfin, dites-vous dès maintenant que peu importe le résultat, vous n’avez pas fait tout ça pour rien. Vous avez appris beaucoup de choses qui vous serviront tôt ou tard, pendant vos études supérieures ou lors d’une éventuelle année de redoublement. Aussi, dites-vous qu’une préparation à un examen n’a pas son pareil pour vous préparer à la vie à venir. Et que le stress que vous ressentez maintenant n’est pas une si mauvaise chose que ça.
Bambo Nestor NOANTI (stagiaire)
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