PERSPECTIVES POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AQUACULTURE AU BÉNIN : Ibrahim Imorou Toko propose la création d’une Agence pour le développement de ce secteur

Afin de développer l’aquaculture au Bénin, le gouvernement actuel a mis en place plusieurs réformes et stratégies visant à augmenter la production aquacole pour satisfaire les besoins croissants de la population. Lors d’une interview accordée à la rédaction d’Eveil Info, Ibrahim Imorou Toko, professeur titulaire à la faculté d’agronomie de Parakou, a affirmé que les besoins de la population en produits aquacoles sont estimés à plus de 200 000 tonnes par an, ce que notre production peine à couvrir.

Pour y remédier, le gouvernement, à travers son Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021, a identifié l’aquaculture comme une filière phare avec des objectifs précis, notamment une production de 20 000 tonnes par an. Pour cela, des structures et programmes spéciaux ont été créés, comme le Programme National de Développement de la Filière Aquacole (PNDF-Aquaculture), logé au sein de l’Agence Territoriale de Développement Agricole Pôle 7 (ATDA7) à Abomey-Calavi, qui gère ce programme et est le chef de file du développement de l’aquaculture au Bénin. Le gouvernement a également apporté son aide sous forme de subventions, de professionnalisation des acteurs sur le plan organisationnel, et d’importation des aliments et équipements aquacoles.

Cependant, malgré toutes ces réformes, la production aquacole béninoise reste encore faible. Pour répondre à cette préoccupation, le professeur Ibrahim Imorou Toko propose la création d’une Agence Nationale d’Aquaculture. « Pour atteindre un développement tel que nous le souhaitons, l’ultime proposition que je peux faire aux décideurs politiques pour le moment, c’est de penser à créer une agence nationale d’aquaculture, comme l’ont fait beaucoup de pays de la sous-région (Guinée, Sénégal, etc.) », a-t-il affirmé.

Pour lui, au lieu que l’aquaculture soit gérée par la Direction de la Production Halieutique, qui s’occupe davantage de la pêche, il faut créer une agence nationale d’aquaculture dotée des compétences et de l’autonomie nécessaires pour conduire des programmes et projets spécifiques en aquaculture. Cette agence permettrait de coordonner et de rendre cohérentes les actions, car actuellement, l’aquaculture est gérée par plusieurs secteurs et directions, ce qui réduit son efficacité. Bien qu’il existe déjà un Programme National de Développement de l’Aquaculture, il faut une agence dédiée, dotée de moyens et d’autonomie, pour travailler en synergie avec les chercheurs et les autres acteurs du secteur piscicole, notamment les producteurs et les ONG, afin de développer efficacement cette filière.

Kadidjath Morou (stg)

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