Un député du parti Union Progressiste le Renouveau risque de passer trois mois en prison dans les prochains jours. Le ministère public de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis trois mois de prison ferme contre le parlementaire. Nestor Noutaï, puisque c’est lui qu’il s’agit est poursuivi pour des faits de blanchiment de capitaux après la saisie de plus de sept-cent (700) millions sur ses comptes bancaires.
Ce mardi, 23 avril 2024, l’élu de la 9 ème législature s’est présenté devant les juges de la CRIET. Selon le ministère public, le montant confisqué sur ses comptes bancaires est évalué à plus de sept-cent (700) millions de FCFA. Et une grande partie de l’argent a été retrouvée sur le compte bancaire de son fils mineur. C’est d’ailleurs ce qui a attiré l’attention des services béninois de lutte contre le blanchiment de capitaux, qui ont décidé de confisquer l’argent et de bloquer ses comptes.
À la barre, le député a déclaré à la cour que les fonds saisis sont issus de ses activités agricoles et de ses fonctions de parlementaire.
À en croire Nestor Noutaï, l’argent saisi n’est pas issu d’activités illicites et qu’une partie provient de ses salaires de député sous la 8 ème législature ( juin 2019 à janvier 2023). Lesdits salaires sont évalués à 150 millions de FCFA, selon sa déposition.
Le parlementaire, membre de l’Up le Renouveau a souligné que les fonds confisqués sont également ses dépôts à terme (DAT) sur la période de 2012 à 2014. L’honorable Nestor Noutaï a déclaré avoir fait un DAT de 64 millions FCFA en 2012 qu’il a complété en 2014 pour atteindre un montant de 80 millions FCFA, renseigne Libre Express. Lors d’une précédente audience fin 2023, le député avait déclaré à la cour qu’il dispose de 120 hectares sur lesquels il mène des activités agricoles. Lesquelles activités lui rapporteraient 40 millions FCFA par année, a-t-il affirmé.Des justifications qui n’ont pas émoussées l’ardeur du ministère public, qui a réitéré ses réquisitions contre le député. Il a demandé à la cour de le retenir dans les liens de la prévention des faits de blanchiment de capitaux et de le condamner à trois mois de prison ferme. Le ministère public représenté par le troisième substitut du procureur spécial de la CRIET, a également demandé à la cour d’ordonner la confiscation des plus de 700 millions FCFA saisis, rapporte Libre Express.
Ses avocats ont par ailleurs plaidé la relaxe pure et simple arguant que l’infraction n’est pas constituée. Ils soulignent entre autres que les salaires du député estimés à 150 millions FCFA qui sont saisis dans le cadre du dossier ne peuvent être considérés comme issus d’activités illicites. C’est ainsi que le juge a renvoyé le délibéré du dossier au lundi, 04 juin 2024.
A.O
