La mouvance présidentielle a tranché : Mariam Chabi Talata, actuelle vice-présidente de la République, sera la colistière de Romuald Wadagni pour l’élection présidentielle de 2026. Un choix qui, loin d’être anodin, traduit une volonté de continuité et d’équilibre dans la stratégie politique du camp au pouvoir.
En reconduisant Mariam Talata, la mouvance mise sur l’expérience institutionnelle et la symbolique forte de la première femme vice-présidente de l’histoire du Bénin. Sa présence dans le ticket n’incarne pas seulement une fidélité au travail accompli depuis 2021, mais aussi un signal d’inclusion et de reconnaissance à l’égard des femmes et du septentrion, dont elle est l’une des figures politiques les plus visibles.
Face à elle, Romuald Wadagni apparaît comme la nouvelle figure de proue, un technocrate dont la gestion financière et économique a marqué les deux mandats de Patrice Talon. L’association des deux personnalités donne ainsi naissance à un duo qui conjugue la technicité du ministre de l’Économie et des Finances à l’expérience politique et institutionnelle de la vice-présidente sortante. C’est un équilibre qui vise à rassurer, tout en projetant une image de modernité et de stabilité.
Ce choix traduit également un calcul stratégique. Dans un contexte électoral où l’opposition peine encore à présenter un front uni, la mouvance préfère miser sur la cohésion interne et sur la lisibilité d’un ticket déjà connu des Béninois. En reconduisant Talata, elle évite les débats internes qui auraient pu fragiliser la campagne et démontre sa volonté de s’appuyer sur des valeurs sûres.
Toutefois, ce duo devra relever plusieurs défis. Si l’expérience et la continuité constituent des atouts, la campagne exigera aussi une capacité à incarner l’innovation et l’élargissement de la base électorale. La question sera de convaincre l’opinion que ce ticket ne se limite pas à prolonger le régime actuel, mais qu’il porte également une vision renouvelée de l’avenir du pays.
En attendant l’ouverture officielle de la campagne, le signal est clair : avec le ticket Wadagni–Talata, la mouvance joue la carte de l’équilibre et de la stabilité, tout en pariant sur la force combinée d’une expertise économique et d’une légitimité politique déjà éprouvée.
Patrice BIAOU
