La désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle à l’élection présidentielle de 2026 continue de susciter des réactions dans le landerneau politique. Dans un communiqué rendu public le 04 septembre 2025, le parti Les Démocrates a exprimé de vives inquiétudes quant à un éventuel conflit d’intérêts lié à ses fonctions actuelles de ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et de la Coopération.
Le parti de Boni Yayi rappelle que la Direction générale des Impôts, structure placée sous la tutelle du ministère dirigé par Romuald Wadagni, est l’instance compétente pour la délivrance des quitus fiscaux, document obligatoire pour tout candidat à l’élection présidentielle. « Nos populations ont exprimé leurs vives inquiétudes face à un probable délit d’initié », souligne le communiqué, qui redoute un risque d’atteinte à l’impartialité dans le traitement des dossiers des adversaires du candidat de la mouvance.
Pour Les Démocrates, la logique démocratique voudrait que le ministre-candidat renonce à ses fonctions afin de garantir l’équité et la transparence du processus électoral. « Dans un État démocratique bien établi, la logique recommande que le Ministre d’État renonce à ses fonctions actuelles », insiste le texte signé du président du parti.
À défaut d’une démission immédiate, le parti demande au ministre d’État d’« avoir une culture administrative et démocratique » en veillant à ce que la plateforme de délivrance des quitus fiscaux soit ouverte sans retard ni obstacles pour tous les citoyens remplissant les conditions.
Cette sortie des Démocrates intervient moins d’une semaine après la désignation officielle de Romuald Wadagni par les partis de la mouvance présidentielle, en présence du chef de l’État, Patrice Talon. Elle illustre déjà les lignes de fracture qui se dessinent entre pouvoir et opposition dans la perspective de la présidentielle de 2026.
Patrice BIAOU
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Enlever wadagni de son poste ne va rien changer