Annoncée dans le cadre de son projet de modernisation de l’administration publique, la délivrance instantanée du bulletin de casier judiciaire est effective depuis le 1er novembre 2026. Accessible sur la plateforme service-public.bj pour les usagers dont les données sont déjà disponibles dans les systèmes administratifs, cette réforme maintient le coût du document à 1 900 FCFA et réduit considérablement les contraintes liées à son obtention.
Une promesse de campagne vient de franchir le cap de la mise en œuvre. Au Bénin, l’obtention du bulletin de casier judiciaire connaît une nouvelle évolution avec l’entrée en vigueur, depuis le 1er novembre 2026, d’un dispositif permettant sa délivrance instantanée en ligne. Cette innovation concrétise l’engagement de Romuald Wadagni de simplifier les démarches administratives et de rapprocher davantage les services publics des citoyens.
Désormais, les usagers dont les données sont déjà disponibles et exploitables dans les systèmes de l’administration peuvent obtenir leur bulletin sans passer par les formalités habituelles. La procédure est relativement simple : il suffit de se connecter à la plateforme service-public.bj à l’aide de son Numéro personnel d’identification (NPI), de sélectionner le service « Casier judiciaire en instantané » et de valider la demande. Le document est alors généré automatiquement et devient immédiatement téléchargeable. Le coût reste fixé à 1 900 FCFA.
Cette évolution marque une rupture avec les contraintes auxquelles étaient confrontés de nombreux usagers. L’obtention du casier judiciaire pouvait nécessiter la constitution d’un dossier, la légalisation de certaines pièces, des déplacements vers la commune de naissance ainsi que des démarches de dépôt et de retrait. Autant de formalités qui entraînaient des dépenses supplémentaires et des pertes de temps, parfois importantes.
Au-delà de la rapidité du service, la réforme présente un intérêt économique non négligeable. En réduisant les déplacements et les frais annexes, elle permet aux usagers de préserver une partie de leur pouvoir d’achat. Les jeunes demandeurs d’emploi et les candidats aux concours, régulièrement confrontés à l’exigence de production de ce document, figurent notamment parmi les bénéficiaires de cette simplification.
Le dispositif n’exclut toutefois pas le contrôle administratif. Le Centre national du casier judiciaire conserve la responsabilité de garantir l’authenticité des documents délivrés. Les demandes qui ne peuvent être traitées automatiquement, notamment en raison de données absentes ou nécessitant des vérifications, lui sont transmises pour examen. La délivrance instantanée concerne donc les dossiers répondant aux conditions requises.
Cette réforme s’inscrit dans les ambitions affichées par Romuald Wadagni dans son programme de société, notamment à travers le projet de transformation de l’administration publique. Celui-ci prévoit un véritable choc de simplification administrative, avec la réduction d’au moins 50 % des délais moyens de traitement des vingt démarches les plus utilisées par les citoyens et les entreprises.
Le programme fixe également l’objectif de rendre 100 % des démarches administratives accessibles en ligne à l’horizon 2030. L’interconnexion des bases de données publiques, le suivi en temps réel des procédures et l’amélioration du traitement des demandes constituent les leviers annoncés pour atteindre cette ambition.
La délivrance instantanée du casier judiciaire apparaît ainsi comme une première concrétisation visible de cet engagement. Elle illustre une nouvelle approche de la relation entre l’administration et les citoyens : ne plus demander systématiquement aux usagers des informations que les services publics possèdent déjà, mais mieux exploiter les données disponibles pour accélérer les procédures.
La portée de cette réforme se mesurera désormais à sa capacité à fonctionner durablement, à bénéficier au plus grand nombre et à inspirer la simplification d’autres formalités administratives. Car au-delà des promesses, c’est bien dans le quotidien des citoyens que se juge l’efficacité d’une administration modernisée.
Patrice BIAOU
