Aux lendemains de l’incendie meurtrier d’un entrepôt de carburant de contrebande qui a fait une trentaine de morts à Sèmè Kpodji, le gouvernement a pris, dans la même semaine, une série de mesures en vue de la réorganisation du secteur informel de la vente des produits pétroliers dans le pays. Pour ce faire, 5 000 mini-stations sont annoncées pour être installées et mises à disposition des vendeurs de produits pétroliers de contrebande. Une décision saluée par bon nombre de Béninois qui voient déjà une grande porte de sortie d’un commerce qui ruine et tue.
Près d’un an après cette prise de décision du gouvernement, les choses semblent avancer au ralenti. Pas plus tard que le mardi 16 juillet dernier, l’essence de contrebande a encore fait parler d’elle. Un incendie a été enregistré à Akassato, un arrondissement de la commune d’Abomey-Calavi, causant des dégâts importants. Selon les témoignages, une fillette aurait été brûlée et deux motos calcinées.
Ce drame, causé par la manipulation de l’essence frelatée, relance les débats autour des mesures à prendre pour pallier le commerce de ce produit pétrolier qui cause tant de ravages.
Alors que le gouvernement, à travers son porte-parole, avait annoncé l’acquisition de 2 000 mini-stations sur les 5 000 commandées. Ces stations seront mises à la disposition des commerçants de carburant de contrebande. « Dans l’immédiat, 2 000 mini-stations sont déjà acquises sur les au moins 5 000 commandées. Ces mini-stations vont permettre de couvrir tout au moins les cinq grandes villes du sud du pays. Au fur et à mesure que le reste de la commande arrivera, cela s’étendra à toutes les localités du pays », avait déclaré Wilfried Léandre Houngbédji le 26 septembre 2023 lors du point de presse à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire.
Cependant, près d’un an après cette déclaration, aucune nouvelle n’a été donnée quant à l’évolution de la réforme. Certes, quelques mini-stations sont visibles dans la ville de Cotonou, mais c’est un statu quo dans les autres villes du sud Bénin, encore moins à l’intérieur et au nord du pays. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? À qui incombe la responsabilité ? Qu’en est-il des trois mille mini-stations restantes ? Bien malin qui pourra répondre à ces préoccupations. Pourtant, le mal continue de dicter sa loi. Il est donc impérieux que le gouvernement du président Patrice Talon accélère la réforme tant saluée par les acteurs concernés et les populations. À défaut, il doit apporter des clarifications sur ce qui bloque effectivement la mise en œuvre de cette mesure qui devrait sortir les commerçants ainsi que les populations de l’impasse.
Pour rappel, le 23 septembre 2023, l’incendie d’un entrepôt de carburant de contrebande à Sèmè Kraké dans la commune de Sèmè kpodji a fait 36 morts et 23 brûlés ainsi que de dégâts matériels importants.
Anselme ORICHA
![]()