Donald Trump est de retour à la Maison Blanche aux Etats Unis d’Amérique. Le républicain, après son premier mandat reconquiert son fauteuil à l’issue des élections dernières apparemment discutées avec Les Démocrates, principale force rivale. Alors que les regards sont rivés sur son investiture ce 20 janvier 2025, ce retour de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir des relations entre les États-Unis et le continent africain.
Connu pour ses frasques, Donald Trump dont les discours souvent controversés, avait notamment qualifié l’Afrique de « continent de merde ». Pendant le nouveau mandat, gardera-t-il la même posture sur les dynamiques politiques, économiques et sociales qui régissent ces rapports ?
Quid des relations diplomatiques
Sous la présidence de Trump, la politique étrangère américaine a été caractérisée par un certain désengagement vis-à-vis de l’Afrique. Les initiatives comme l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) ont vu leur soutien affaibli, et de nombreux programmes d’assistance ont été menacés. Il en était de même pour des appuis aux initiatives locales dans des pays africains. En retrouvant ses fonctions, la politique Trump axée sur l’Amérique d’abord pourrait exacerber ce désengagement, laissant le continent africain rapidement sur la touche dans un monde où la diplomatie multipolaire prend de l’ampleur.
Les Enjeux Économiques
Économiquement, un Trump réélu pourrait ne pas accorder la priorité aux investissements américains en Afrique. Alors que d’autres puissances, comme la Chine et l’Union européenne, continuent d’accroître leur présence économique sur le continent, la relégation de l’Afrique par les États-Unis pourrait prolonger la dépendance de nombreux pays africains vis-à-vis de ces acteurs alternatifs. Toutefois, l’Afrique représente un marché en pleine croissance, et les entreprises américaines pourraient être incitées à explorer de nouvelles opportunités si des politiques favorables étaient mises en place.
La Question migratoire
La question de la migration des Africains vers l’Amérique sera également un point de friction. Sous son administration précédente, Trump a tenté de durcir les règles d’immigration, en particulier à l’égard des nations africaines. Un retour à la Maison Blanche n’est pas loin de signifier un renforcement des obstacles pour les migrants africains cherchant de meilleures conditions de vie, tout en continuant d’alimenter les récits périlleux autour de l’immigration clandestine. À l’opposé de la politique des démocrates, le porte-flambeau des républicains n’a pas un bon regard sur la migration. Les Africains en position irrégulière sur le sol américain, manqueront de sérénité.
Une réaction locale face à la politique américaine
Les pays africains devront réévaluer leur position face à une administration Trump. La nécessité de construire des alliances internes au sein du continent et d’explorer des partenariats alternatifs s’accentuera. Une plus grande intégration économique intra-africaine pourrait devenir une priorité pour réduire la dépendance à l’égard des grandes puissances extérieures. Malheureusement, ces enjeux interviennent dans un contexte de troubles en Afrique. Des organisations sous-régionales comme la CEDEAO, traversent des crises à la fois internes et externes. Le changement des paradigmes de coopération s’observe avec l’alliance des états du Sahel qui explore d’autres pistes de partenariat extérieur.
En somme, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche représente un tournant majeur pour le continent africain. Si ses positions à l’égard de l’Afrique laissent place à des incertitudes, elles pourraient également déclencher une dynamique de renforcement des capacités internes et d’autonomisation des nations africaines. Alors que le monde devient de plus en plus interconnecté, il ne reste qu’à espérer que les voix africaines sauront s’imposer sur la scène internationale, quel que soit le président américain en fonction.
Patrice BIAOU
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