REVERSEMENT RETARDÉ DES AME : L’autre promesse du gouvernement qui plonge ce corps dans le doute

Annoncé depuis plusieurs mois déjà, le reversement des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) n’est toujours pas effectif. Ce qui traumatisait ce corps avant que le Directeur Général du Budget ne soit venu en rajouter, à la faveur de sa sortie médiatique en date du 27 décembre 2024. Une sortie qui a réussi à émietter le mince espoir de ces derniers. Deux faits : l’incidence financière est défavorable, ajoutée aux trois critères de sélection, dont l’âge (les plus « vieux » passent d’abord). Faits ne favorisant en aucune manière l’ardeur au travail dans les salles de classe depuis la reprise hier lundi. Le doute et la peur sont désormais plus que jamais installés dans la tête de ces AME qui font plus du tiers du corps enseignant.

Dans cette affaire de reversement des AME, deux facteurs donnent essentiellement de l’insomnie aux enseignants. Il s’agit en premier, des déclarations du gouvernement au sujet de l’incidence financière qui ralentit sa volonté de démarrer le processus de reversement des 3 000 enseignants annoncés ; et affirment avoir une façon beaucoup plus rentable et moins coûteuse de contenter tous les 31 270 Aspirants. Selon le pouvoir en place, « le reversement des 3 000 AME devrait coûter 5,2 milliards de F CFA à l’État béninois. Dans le même temps, l’étude de l’incidence financière de huit (8) nouvelles mesures au profit des 31 270 AME avait révélé une dépense totale de 13,4 milliards de F CFA ».

Le second facteur inquiétant est l’instauration de trois critères de recrutement de ces agents sans statut en agents contractuels. À la faveur du dernier développement sur la question du reversement tant attendu des enseignants dits AME en ACDPE, tout est parti du projet du Comité interministériel qui envisage les jours à venir de proposer au gouvernement une approche progressive et réfléchie. À en croire le Directeur Général du Budget, Rodrigue Chaou, lors de sa sortie médiatique fin décembre dernier, il s’agit de l’âge des bénéficiaires, la notation pour les AME soumis aux tests d’évaluation, les qualifications académiques et professionnelles.

Le désarroi des AME se lit aisément sur leur visage ….

Fatigués d’attendre une promesse qui peut-être ne viendra jamais ou viendra, mais sous une forme totalement loin des clauses de départ, plusieurs Aspirants au Métier d’Enseignant ont déjà tourné cette page remplie de peur au ventre pour leur carrière. Pour eux, si le reversement arrivait un jour, ils le constateraient, et s’ils sont retenus dans la cohorte, ils continueraient l’aventure avec ce nouveau statut, le cas échéant, c’est tant mieux. Ce découragement ne sera pas sans conséquence sur les apprenants. En bon humain, lorsque la motivation est absente, le travail baisse d’intensité. C’est un fait totalement normal et humain.

L’évidence est que le nombre des fonctionnaires de l’Etat diminue d’année en année. Alors, il n’est pas compréhensible qu’après bientôt six années dans ce système d’aspirants, on continue de croire que le reversement de ce corps est retardé par une simple question budgétaire au point de créer des critères de sélection qui divisent l’opinion publique. Il urge donc que l’Exécutif béninois se surpasse et règle rapidement cette situation qui ne fera que ralentir l’engouement et la volonté des AME qui ne demandent que d’avoir un statut juridique adéquat. Tout ceci pour le bonheur du système éducatif béninois.

Elyon GBETO

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