Réuni à Cotonou les 13 et 14 novembre, le Salon des Industries musicales d’Afrique francophone (Sima) 2025 place la valorisation économique de la créativité africaine au cœur de ses ambitions, avec l’objectif de renforcer la professionnalisation du secteur et d’attirer des financements durables.
La musique francophone d’Afrique, riche et influente, peine encore à convertir son énergie créative en puissance économique réelle. Le Sima 2025 veut changer la donne en offrant aux acteurs du secteur une plateforme structurée, pensée pour transformer le potentiel en preuves tangibles de valeur. Après Abidjan en 2022, Cotonou accueille cette édition du Sima, un rendez-vous devenu incontournable pour les créateurs, producteurs, décideurs publics et investisseurs venus de 25 pays. Une volonté politique claire a motivé le choix du Bénin, dont les réformes en matière d’industries culturelles et créatives inspirent aujourd’hui plusieurs États du continent. Le thème retenu, « Faire rayonner et financer les musiques d’Afrique francophone : du potentiel aux preuves », illustre l’ambition des organisateurs : démontrer que la créativité africaine est un actif économique solide. Pour Mamby Laye Diomandé, commissaire général du Sima, cet objectif passe par une meilleure maîtrise des données, une protection rigoureuse de la propriété intellectuelle, l’adoption de standards professionnels et une plus grande compréhension des attentes des investisseurs. Selon lui, la musique peut devenir un pilier de croissance d’ici cinq ans, portée par une population jeune et un taux d’adoption rapide des technologies mobiles. Lionel Talon, parrain du Sima 2025, voit dans ce salon une illustration de la vitalité artistique africaine et de l’importance de l’engagement public. Il salue un espace inclusif où se rencontrent créateurs, opérateurs économiques et financeurs, toutes catégories confondues. Plus de 7 000 participants prennent part à l’événement, dont des artistes, producteurs, décideurs publics et acteurs de la société civile. Les deux jours du Sima s’articulent autour de panels, conférences, keynotes, master class, sessions de networking et rencontres B2B et B2G. Le workshop B2G constitue un moment clé, en créant un dialogue direct entre les autorités publiques et les acteurs privés sur les leviers de financement, les politiques culturelles et les besoins de structuration. L’objectif est clair : bâtir un marché musical francophone plus compétitif, renforcer la confiance, favoriser de nouveaux partenariats et consolider les chaînes de valeur du secteur. Gwladys Gandaho, représentant le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, rappelle que l’Afrique doit faire de sa diversité et de sa créativité des moteurs de croissance. Elle rassure les acteurs : la protection des œuvres, l’encadrement des artistes, l’aménagement des espaces culturels et le développement de l’événementiel constituent les piliers d’un écosystème culturel attractif et durable.
Avec un programme dense et un rassemblement inédit d’experts, le Sima 2025 se présente comme un levier de transformation profonde pour les musiques d’Afrique francophone, appelées à devenir une industrie pleinement reconnue, structurée et économiquement solide.
Souvenir ZANNOU
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