Le mardi 25 novembre 2024, Pauline Dossou a brillamment défendu son mémoire de Master en Sociologie et Anthropologie, option Médiation Sociale et Facilitation pour le Développement, à l’Université de Parakou. Devant un jury attentif, elle a présenté une analyse approfondie des tensions entre soignants et soignés à l’Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) de Parakou, une problématique à la croisée des enjeux organisationnels et humains.
Dans son exposé, Pauline Dossou a relevé que « les conflits entre soignants et soignés à l’HIA de Parakou ne sont pas simplement un problème relationnel, mais un obstacle à l’amélioration continue de la qualité des soins ». Elle a identifié des causes interconnectées, telles que la surcharge de travail du personnel, les attentes souvent irréalistes des patients, et des barrières culturelles et linguistiques. Ces défis sont aggravés par une communication déficiente. Comme l’a souligné la chercheuse : « Lorsque les patients ne se sentent pas écoutés ou compris, il en résulte un sentiment d’abandon émotionnel. Cette carence alimente les frustrations et détériore la relation entre les deux parties ».
Les résultats de son enquête ont renforcé la pertinence de son analyse. Elle a révélé que 57 % des patients interrogés se disent insatisfaits de l’accueil à l’HIA, tandis que 25 % qualifient la qualité des soins de faible. Ces données traduisent un malaise structurel qui compromet la relation de confiance essentielle entre soignants et soignés. Dans son mémoire, Pauline Dossou plaide pour des solutions concrètes. Elle propose notamment « la médiation interne et le dialogue direct entre les parties pour clarifier les malentendus et apaiser les tensions avant qu’elles ne dégénèrent ».
Par ailleurs, elle insiste sur l’importance de la formation du personnel hospitalier pour intégrer les particularités culturelles et linguistiques des patients dans la prise en charge. Pauline Dossou a su démontrer une grande maîtrise du sujet, captivant un jury qui lui attribue une mention bien. Sa présentation, empreinte d’humanisme et de rigueur scientifique, a suscité des échanges enrichissants, confirmant la portée de son travail. En abordant une problématique aussi sensible, cette soutenance s’impose comme une contribution majeure au débat sur la qualité des soins et la médiation dans les institutions de santé au Bénin. Pauline Dossou laisse ainsi entrevoir de réelles pistes d’amélioration pour renforcer la relation soignant-soigné et, plus largement, pour réconcilier les attentes des usagers avec les contraintes des professionnels de la santé.
Jean Pierre ABALLO
