De Kalalé à Nikki, en passant par Pèrèrè et Bembèrèkè, le préfet Abdoul-Chakour Naro Assouma poursuit ses échanges avec les acteurs locaux. Au fil des rencontres, les populations exposent leurs difficultés et leurs attentes, avec une attention particulière portée à la sécurité, à l’insertion des jeunes et aux défis du développement communal.
La tournée statutaire du préfet du Borgou, Me Abdoul-Chakour Naro Assouma, se poursuit dans les communes du département. À travers les rencontres avec les élus, les forces vives et les différentes composantes des populations, l’autorité préfectorale entend apprécier les réalités locales, recueillir les préoccupations des acteurs de terrain et renforcer le dialogue entre l’administration départementale et les collectivités territoriales.
Les étapes de Kalalé et de Nikki, effectuées le mercredi 4 novembre 2026, ainsi que celles de Pèrèrè et de Bembèrèkè, ont permis de faire ressortir plusieurs préoccupations majeures. Si les difficultés varient d’une commune à l’autre, les questions de sécurité, de cohésion sociale et de développement local occupent une place importante dans les échanges.
À Kalalé, le maire Abdou Wahab Garba Say a présenté les difficultés auxquelles sa commune reste confrontée. La secrétaire exécutive a, pour sa part, fait le point des réalisations, des actions engagées et des chantiers en cours. Les directeurs départementaux présents ont également apporté leurs contributions à l’analyse des préoccupations soulevées et à la recherche de pistes de solutions. La cohésion sociale a aussi marqué cette étape, notamment à travers un sketch présenté par les élèves du CEG 1 de Kalalé sur le vivre-ensemble. Une initiative saluée par le préfet, qui a invité les populations à préserver la paix et la solidarité.
À Nikki, les échanges ont pris une dimension particulière autour de l’emploi des jeunes et des enjeux sécuritaires. Réunis au Centre des Jeunes et Loisirs, les représentants des autorités locales, de la Cour impériale, des confessions religieuses, des jeunes, des femmes et des acteurs socioprofessionnels ont exposé leurs préoccupations. Plusieurs intervenants ont notamment alerté sur le manque d’opportunités professionnelles pour la jeunesse et les risques sociaux que cette situation pourrait accentuer, notamment l’exposition de certains jeunes à la délinquance, au vandalisme et à l’insécurité. Les populations ont ainsi plaidé pour un renforcement des actions en faveur de la formation, de l’insertion professionnelle et de l’autonomisation des jeunes.
À Pèrèrè, le maire Arouna Abdou Mama Chabi a particulièrement insisté sur les contraintes auxquelles les forces de sécurité sont confrontées. Selon les informations présentées à l’autorité préfectorale, les services compétents ne disposent que de deux véhicules vétustes pour couvrir le territoire communal. Les difficultés d’accès à certains arrondissements, notamment Guinagourou, Gninsi et Sontou, compliquent davantage les interventions. Le maire a donc sollicité l’accompagnement du préfet pour renforcer les moyens opérationnels des forces de sécurité et améliorer les dispositifs de prévention, d’alerte et d’intervention.
La question de la cohésion sociale a également occupé une place importante dans son intervention. Les conflits fonciers, les tensions entre agriculteurs et éleveurs ainsi que les difficultés liées à l’exploitation des ressources naturelles figurent parmi les défis évoqués. Pour y faire face, la mairie mise sur le dialogue et la médiation, avec l’implication des chefferies traditionnelles, des leaders religieux, des organisations de femmes et de jeunes ainsi que des acteurs de la société civile.
À Bembèrèkè, où le préfet a poursuivi sa tournée le jeudi 5 novembre 2026, les discussions avec les forces vives ont notamment porté sur la gouvernance locale, la sécurité, le développement territorial et les perspectives du secteur agricole. Après avoir salué les efforts du conseil communal, Me Abdoul-Chakour Naro Assouma a exhorté le maire, Elhadj Lafia Gorado Moussa, et les conseillers à maintenir leur engagement et à intensifier les actions au profit des populations. Il a particulièrement insisté sur la mobilisation des acteurs locaux pour consolider les acquis et relever les défis de développement de la commune.
Au-delà des spécificités de chaque localité, ces différentes rencontres mettent en évidence des attentes convergentes. Les populations souhaitent des réponses plus soutenues aux difficultés d’insertion des jeunes, un renforcement des capacités des forces de sécurité et une consolidation des mécanismes locaux de prévention et de règlement des conflits. Elles attendent également une action publique davantage adaptée aux réalités de leurs communes.
En réponse aux préoccupations exprimées, le préfet a rappelé, notamment à Nikki, que la préservation de la paix et de la stabilité repose sur la responsabilité de tous. « La paix est une responsabilité collective qui exige l’engagement de tous », a-t-il souligné, appelant les responsables communautaires, les parents et les populations à s’impliquer davantage dans la prévention des tensions et la préservation du vivre-ensemble.
À travers cette tournée statutaire, Me Abdoul-Chakour Naro Assouma entend ainsi maintenir un cadre de concertation entre l’administration préfectorale, les autorités communales, les services déconcentrés de l’État et les populations. Mais au-delà des échanges institutionnels, les préoccupations exprimées sur le terrain rappellent l’urgence de réponses concrètes aux défis qui conditionnent la sécurité, la paix sociale et les perspectives de développement dans le Borgou.
Nathanael A.
