
La défaite des Guépards U20 face au Ghana (1-0), après une lourde entrée en matière contre le Nigéria (4-1), dépasse le simple constat sportif. Elle révèle, une fois de plus, les failles structurelles d’un football béninois à la recherche de cohérence, d’efficacité et d’un projet durable.

Dans le jeu, les symptômes sont connus : fragilité défensive, stérilité offensive, absence de collectif et manque de maîtrise tactique. Mais au-delà de ces limites visibles sur le terrain, c’est l’ensemble du processus de détection, de formation et d’intégration des talents qui pose question. Le vivier existe pourtant. Depuis 2020, le championnat scolaire national met en lumière de jeunes pépites qui brillent chaque année. Mais aucun lien institutionnel ne permet à ces talents d’accéder aux sélections nationales.
Cette déconnexion entre la base dynamique et le sommet défaillant fragilise tout l’édifice. Alors même que l’État béninois consacre des ressources considérables à la construction d’infrastructures, à la formation d’encadreurs et à la professionnalisation du secteur, les résultats tardent à suivre. Pourquoi ? Parce que l’écosystème reste miné par une gouvernance approximative, un manque de vision stratégique et des pratiques clientélistes qui court-circuitent les meilleurs profils au profit de réseaux obscurs.
Le football béninois ne manque ni de moyens, ni de talents. Il manque d’un chemin tracé. Il manque d’une chaîne solide entre les compétitions scolaires, les clubs, les académies et les sélections. Il manque surtout de rigueur dans le choix des joueurs, de continuité dans le travail, et d’obligation de résultats pour ceux qui ont la charge de construire l’avenir.
Le revers des U20 n’est pas une surprise. Il est le produit logique d’un système désorganisé. Une débâcle de plus, oui, mais surtout un signal d’alarme. Tant que les talents issus du championnat scolaire resteront à la marge, tant que les sélectionneurs n’auront pas pour mission de bâtir avec ce vivier local, la spirale de l’échec se poursuivra.
Ce n’est pas le football béninois qui est faible. C’est sa gouvernance qui est malade. Il est temps d’agir. Pour éviter que les futures générations ne paient, elles aussi, le prix d’un système aveugle et d’un péché collectif : celui d’avoir abandonné le projet de formation en chemin.
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