Le Mahi possède un patrimoine culturel colossal qui fait de lui une ethnie luisante. Une panoplie de danses culturelles, de masques divinatoires d’autres pratiques émouvantes constituent ce gigantesque patrimoine. Au nombre de ces multiples cultures qui le constitue, y figure « La danse des échassiers ». Connu sous le nom de « Mahoun » ou « Kpodjiguèguè », c’est une danse atypique et fantastique très répondue dans les localités du Mahi et plus précisément dans la de Ouèssè Wogoudo dans les Collines. C’est une danse très intéressante qui plonge le public dans une profonde admiration. Brice Ahossa, parle du Mahoun avec la rédaction du Quotidien Éveil Info.
Le « Manhoun » est une danse, qui consiste à masquer les danseurs, perchés sur des bois bambous pour des démonstrations terrifiantes. «Le thème « échassier » fait référence aux oiseaux à longues pattes vivant en milieux aquatiques. Ici, il est utilisé comme métaphore pour décrire les danseurs perchés sur de hauts bambous. Les danseurs, habillés de manière festive et souvent encagoulés, exécutent des démonstrations impressionnantes, leurs pieds étant attachés aux bambous. À l’origine, la danse des échassiers trouve ses racines chez les peuples Yoruba. Elle a été adoptée et perfectionnée par les peuples Mahi, qui y ont apporté de nouvelles performances et une esthétique particulière. La danse est maintenant un élément central du Festival Mahi-Houindo, le plus grand rassemblement des peuples Mahi au Bénin et dans le monde. Le « Manhoun » se déroule généralement les dimanches, permettant aux habitants, notamment les agriculteurs, de se retrouver après les travaux champêtres. Ces moments de danse sont des occasions de retrouvailles communautaires, de divertissement et de renforcement des liens sociaux.
La particularité de cette danse réside dans l’utilisation de hauts bambous sur lesquels les danseurs se perchent pour exécuter leurs mouvements. Ces danseurs, habillés de manière vivante et souvent masqués, captivent l’attention du public avec leurs démonstrations acrobatiques et rythmées. Généralement minces, les danseurs exécutent les pas avec ces bambous auxquels sont attachés leurs pieds. Les danseurs, appelés « échassiers » ou « Man » en langue Mahi, sont souvent expérimentés et entraînés au préalable pour cet art. Ils se vêtissent des costumes colorés et des masques, ajoutant une dimension théâtrale à leur performance. Généralement effectuée lors de rassemblements communautaires comme ou les rencontres dominicales, cette danse est accompagnée de chansons mélodieuses et diversifiées. D’autres personnes dont les femmes participent à la danse. Elles exécutent des chants pour accompagner et encourager les danseurs. De leur côté, les hommes tapent pour les échassiers et veillent aux éventuels obstacles qui pourraient créés de soucis aux danseurs. Contrairement a ce qu’on pourrait croire, le « Mahoun » «n’a pas de connotation mystique. Bien que certaines scènes puissent refléter des réalités ou transmettre des messages spécifiques, elle est principalement considérée comme une forme de divertissement et de célébration communautaire», selon le chef des échassiers du village de Kpassa, Koffi Eminagbon.
La touche particulière du « Manhoun » fait d’elle une danse culturelle séduisante et impressionnante. L’autre fait extraordinairement émouvante est cette capacité des danseurs de porter sur eux un ou plusieurs enfants. Sans difficulté, les danseurs arrivent à porter sur eux des enfants parfois même dans une rude compétition. C’est une énorme richesse culturelle que détient le Bénin qui mérite de se perpétuer avec une attention particulière.
Germain ALOZE (Stagiaire)
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