Le maïs est devenu depuis un certain temps une denrée qui n’est plus à la portée de toutes les bourses. Du coup, les Béninois ont du mal à s’en procurer sur les marchés locaux en vue de s’assurer leur repas vespéral généralement fait de pâte de maïs. Plongés dans la souffrance de cette cherté qui sollicite davantage leurs bourses, ils ne se sont presque jamais demandés ce qui était à la base de cette montée subite du prix de ce produit alimentaire de base. Ils en étaient là quand du haut de ses inspirations politico-politiciennes, Oncle JO leur fit savoir la cause profonde de cette flambée. Les poulets ! Mince ! Ces méchants poulets dévoreurs de grains seraient donc nos affameurs du fait de leur gloutonnerie insensée. Pourtant, dans les champs, les agriculteurs se plaignent clairement du retard dans l’arrivée des fertilisants et surtout de leur qualité douteuse qu’ils indiquent comme la cause profonde du mal. Mais comme c’est leur parole contre la leur, on retint tous que nos voraces poulets étaient la cause de notre souffrance. La solution, est toute simple : supprimer la race des poulets terroristes et rendre le maïs disponible pour les Béninois qui en demandent quasi-quotidiennement. On en était donc à s’armer de couteaux tranchants pour déclancher la guerre à ces baudets de notre fable alimentaire quand, vlan, Oncle Zelensky s’invita dans le débat. Pour lui, point besoin d’accabler les poulets. Ces mignons petites volailles ne peuvent nullement affamer des humains selon tonton Zelensk. Pour lui, c’est carrément aux éléphants. Oui, ces pachydermes blancs laissés ça et là dans le pays et qui ne font que picorer nos précieux grains de maïs. Le plus grand de ces éléphants « blancs », pour lui, étant celui des palabreurs républicains actuellement en destruction pour effacer, on ne sait quelles traces. Tout compte fait, on ne devrait pas s’en arrêter là dans notre soif de connaître désormais qui est le véritable auteur de cette flambée du prix de notre précieux céréale. Car, il est fort probable qu’un autre parolier de la confrérie vienne nous dire demain que tout est de la faute des moustiques qui, à force d’être rassasiés du sang humain, ont fini par jeter leur dévolu sur du jus de maïs. Ou peut-être que ce sont les vils opposants qui s’amusent à faire disparaitre nos grains de maïs pour saboter les prouesses inégalées de ce pays nôtre, qui depuis 1960, n’avait presque jamais existé. Pendant ce temps, nous continuerons à acquérir ce céréale à prix d’or, avec l’espoir que cette année, le plus important soit fait pour nous éviter d’avoir à accuser tout et n’importe quoi demain comme étant la cause de nos malheurs pourtant nourris de nos incohérences.
Raoul HOUNTONDJI
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