Avec des prix de l’amande de karité qui ont triplé au Bénin depuis août, le secteur local de transformation est en difficulté. Ce bond s’explique par une forte demande des exportateurs locaux et des acheteurs étrangers, renforcée par les restrictions imposées par le Burkina Faso et le Mali. Conséquence : les unités de transformation locales, étouffées par cette flambée des prix, peinent à s’approvisionner pour répondre aux besoins du marché.
Dans la sous-région ouest-africaine, le Bénin est le pays le plus concerné par la flambée des prix suite aux interdictions imposées par le Burkina Faso et le Mali. Le service commercial N’kalô a rapporté dans son dernier bulletin publié le 24 octobre 2024 que les tarifs bord-champ ont grimpé la semaine dernière, se situant désormais entre 450 et 490 FCFA le kilogramme dans les différentes régions du pays, soit plus que le triple des prix affichés en août dernier. « Dans les départements du Borgou, de l’Atacora, de la Donga et des Collines, les prix bord-champ se situent désormais entre 470 et 490 FCFA/kg, tandis que dans l’Alibori, les prix bord-champ oscillent entre 450 et 480 FCFA/kg », précise N’kalô. Ces hausses de prix sont attribuées à une demande forte des exportateurs installés au Bénin et des acheteurs étrangers (Burkinabè, Ghanéens, Togolais) opérant dans les communes des zones frontalières telles que Bassila, Ouaké, Boukoumbé, Matéri, Cobli, Kalalé, Nikki, Ségbana, Banikoara et Tchaourou.
Parallèlement, cette hausse est également observée dans d’autres pays de la sous-région, bien que de manière moins élevée qu’au Bénin. En Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigeria, par exemple, les prix par kilogramme variaient la semaine dernière entre 215 et 350 FCFA, montrant des niveaux élevés par rapport au mois d’août 2024. Il faut noter que la forte flambée des prix au Bénin s’inscrit dans un contexte global de report de la demande internationale sur les autres fournisseurs de la sous-région, particulièrement en raison de l’interdiction des exportations au Burkina Faso et au Mali.
Dans ce contexte où la noix de karité est extrêmement chère, les petites unités de transformation locale subissent la hausse des prix de la matière première. Celles-ci peinent de plus en plus à s’approvisionner pour transformer le karité en beurre, dont le prix reste stable et ne reflète pas celui des amandes. Selon N’kalô : « Les prix à l’exportation se maintiennent entre 2 200 et 2 500 FCFA/kg, tandis que les prix locaux varient toujours entre 1 300 et 1 800 FCFA/kg ».
Globalement, la situation reste préoccupante pour la disponibilité du karité sur les marchés locaux. Les analystes soulignent que les stocks d’amandes commencent à diminuer dans les villages, ce qui pourrait encore faire grimper les prix et aggraver les difficultés des unités artisanales.
Bambo Nestor NOANTI
