OPTION « LES DEMOCRATES » POUR SA POTENTIELLE CANDIDATURE AUX PRESIDENTIELLES 2026 : Kémi Séba tend finalement la main à ses « Boutiquiers politiques » d’hier ?

Kémi Séba, activiste panafricaniste reconnu pour ses prises de position tranchées, a officialisé ses intentions de se présenter aux élections présidentielles de 2026 au Bénin. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il a évoqué plusieurs pistes pour concrétiser cette ambition, dont celle de porter sa candidature sous l’égide du parti ‘‘Les Démocrates’’. Une déclaration qui soulève des interrogations, notamment en raison des récentes critiques par lui dressées contre les partis d’opposition, qu’il qualifiait de « boutiquiers politiques ». On se demande à la fin, s’il s’agit là d’un simple revirement stratégique ou d’une concession imposée par les réalités politiques ?

Une candidature qui bouscule le paysage politique

L’annonce de Kémi Séba, le 5 janvier 2025, a marqué un tournant dans la sphère politique béninoise. Ce panafricaniste emblématique a révélé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2026. Une décision qu’il dit avoir mûrie après un long moment de réflexion. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, Kémi Séba a souligné les maux qui gangrènent le Bénin : fracture sociale, domination économique étrangère, marginalisation des entrepreneurs locaux. Pour lui, la situation exige une mobilisation inédite. « Nous avancerons ensemble et nous libérerons le pays », a-t-il affirmé, avec une rhétorique martiale. Dans sa déclaration, Kémi Séba a expliqué avoir longtemps hésité avant de prendre cette décision. « Après des mois et des mois de réflexion, pour ne pas dire des années, j’ai décidé d’accepter vos demandes incessantes visant à me pousser à être candidat à la présidence du Bénin », a-t-il affirmé.

Cependant, le chemin vers la présidentielle est semé d’embûches. Le code électoral béninois impose des règles strictes, comme l’obligation pour tout candidat d’être présenté par un parti politique et d’obtenir le parrainage d’au moins 20% des élus municipaux ou parlementaires. Pour contourner ces obstacles, Kémi Séba a évoqué trois stratégies : le soutien du parti « Les Démocrates », la création d’une coalition large pour réclamer une réforme du code électoral, et enfin une mobilisation populaire qu’il appelle « l’Opération Jéricho ». Parmi ces options, l’alliance avec ‘‘Les Démocrates’’ a retenu l’attention. Ce parti, dirigé par Boni Yayi, dispose des parrainages nécessaires. Mais cette démarche suscite des questions, surtout à la lumière des critiques acerbes que Kémi Séba a adressées à l’opposition.

Un rapprochement surprenant avec ‘‘Les Démocrates’’

En août 2024, Kémi Séba s’était exprimé sur l’affaire Steve Amoussou, dénonçant la mentalité des partis d’opposition. Il les avait qualifiés de « boutiquiers politiques », estimant que leur soutien à Amoussou n’était motivé que par l’absence d’ambitions présidentielles de ce dernier. « Vous ne l’auriez pas fait si Steve Amoussou avait dit qu’il voulait se présenter aux présidentielles », avait-il affirmé. Dans cette même intervention, il avait salué des personnalités comme Guy Mitokpè et Habib Ahandessi, qu’il juge partants pour une rupture épistémologique avec le système de la Françafrique. Il avait aussi épargné le Parti communiste du Bénin, qualifié de « structure extraordinaire ». Mais il n’avait jamais mentionné ‘‘Les Démocrates’’, un silence perçu comme un désaveu implicite.

Pourtant, aujourd’hui, Kémi Séba tend la main à ce parti qu’il semblait ignorer. Pourquoi ? Le poids électoral des ‘‘Démocrates’’ est un argument de taille. Ce parti a les moyens d’assurer une candidature crédible, un privilège rare dans une opposition fragmentée. Mais ce choix soulève des doutes. Peut-on compter sur un partenaire que l’on a autrefois méprisé ?

Un pari aux retombées incertaines

Ce possible rapprochement reflète peut-être une évolution dans la stratégie de Kémi Séba. Face à la rigidité du système électoral, même les plus farouches opposants doivent composer avec des structures établies. L’objectif semble clair : exploiter l’appareil des ‘‘Démocrates’’ pour franchir les barrières institutionnelles. Cependant, ce partenariat n’est pas sans risque. Il pourrait aliéner une partie de sa base militante, attachée à son discours anti-système. D’un autre côté, cette alliance pourrait renforcer son image de pragmatique, prêt à faire des compromis pour atteindre ses objectifs. En tendant la main aux ‘‘Démocrates’’, Kémi Séba joue une carte audacieuse. Ce parti incarne tout ce qu’il dénonçait hier : un appareil politique traditionnel, mené par une figure liée à l’ancien système. Pourtant, cette alliance pourrait être la clé pour passer de l’activisme à la présidence.

La question reste entière : les ‘‘boutiquiers politiques’’ accepteront-ils ce partenariat ? Et si oui, à quel prix ? Le dépôt des candidatures en octobre 2025 nous dira si ce rapprochement est une stratégie gagnante ou une erreur de calcul. En attendant, Kémi Séba continue de défier les normes. Avec ou sans les ‘‘Démocrates’’, sa candidature promet de bousculer les certitudes dans un paysage politique en quête de renouveau.

José Pascaël AGBO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page