Dassa. Encore Dassa. Trop souvent Dassa. Ce dimanche 1er juin 2025, la route a encore fauché des vies à la hauteur de cette ville-carrefour qui, depuis quelques années, s’impose tristement comme l’un des principaux foyers d’accidents meurtriers au Bénin.
Selon les premières informations, un bus nigerien en partance pour le Nord est entré en collision avec un camion chargé de moutons en direction de Cotonou. Le choc a été violent. Le bilanô, fait état de plusieurs morts et de blessés graves. Une scène d’horreur sur fond de tôles froissées, de cris étouffés, de carcasses calcinées et de corps sans vie… comme un remake macabre d’un scénario déjà trop vu.
Dassa n’en est pas à son premier drame. L’accident tragique de l’agence Baobab, en janvier 2023, aurait dû être un électrochoc. Il n’en fut rien. Depuis, les enterrements collectifs s’enchaînent, les promesses officielles s’évaporent, et les routes continuent d’engloutir des innocents dans l’indifférence quasi générale.
L’heure n’est plus aux condoléances formatées ni aux communiqués stériles. Il est temps de regarder la vérité en face : la portion routière de Dassa est devenue une zone rouge. Une faille sécuritaire à ciel ouvert où se croisent imprudence, surcharge, fatigue, corruption, vétusté des véhicules et silence coupable des autorités.
Combien de cercueils faudra-t-il encore aligner avant qu’une décision forte ne soit prise ? À ce rythme, c’est la route elle-même qui dictera ses lois, et le pays se contentera d’y enterrer ses espoirs avec ses enfants.
