BERTIN KOOVI : De l’électrochoc à la repentance publique

Vingt-quatre heures après avoir été suspendu du Bloc Républicain, Dr Bertin Koovi a choisi de se racheter publiquement. Mercredi 4 février, le Secrétariat exécutif national du parti l’avait frappé fort : suspension à titre conservatoire et ouverture d’une procédure disciplinaire, suite à sa visite au siège de la FCBE où il s’était affiché aux côtés de Paul Hounkpè, louant sa capacité de mobilisation. Une sortie qui avait été perçue comme un coup de canif à la discipline du parti et un signal de défiance.

Le lendemain, Koovi a tenté de retourner la situation. Dans un message d’excuses diffusé ce jeudi 5 février, il a réaffirmé son attachement au président Patrice Talon et au Bloc Républicain, qualifiant son rapprochement avec Hounkpè d’exercice de vérité, selon une consigne qu’il dit avoir reçue du chef de l’État en 2021 : « rester véridique ». Un mea culpa plus stratégique que sincère, destiné à calmer les esprits et à se repositionner politiquement.

Malgré ses excuses, son message rappelle que Koovi n’a jamais totalement abandonné ses velléités de provoquer. Il réitère son soutien à Romuald Wadagni et appelle à un accord entre les blocs de la mouvance pour sécuriser les échéances électorales. Dans ses mots, sa visite chez Hounkpè n’était pas un adieu au BR mais un électrochoc politique : « aucune victoire n’est acquise d’avance », clame-t-il, rappelant que la politique béninoise reste un terrain où même les loyautés les plus affichées peuvent vaciller.

En affirmant que « le BR vit en moi et je vis dans le BR », Koovi tente de refermer la parenthèse de la discorde, tout en rappelant subtilement que son influence reste intacte. Entre suspension et repentance publique, il démontre une fois de plus sa capacité à transformer la controverse en tribune personnelle. Reste à savoir si le parti saura transformer ce coup de théâtre en levier de discipline ou si la « rupture différée » annoncée par certains restera en suspens jusqu’aux élections.

Patrice BIAOU

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