MORT DE FAYÇAL OUOROU À PARAKOU : Six policiers condamnés à des peines de prison ferme

Deux mois à sept ans de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende. C’est la décision rendue le lundi 27 avril par le tribunal de Parakou contre six policiers impliqués dans les événements ayant conduit à la mort de Fayçal Ouorou, survenue dans la nuit du 18 au 19 novembre 2024.

L’audience, ouverte à 9h dans la deuxième salle du tribunal de Parakou, s’est tenue en présence de la famille de la victime, des avocats de la défense et d’un public venu nombreux suivre ce dossier sensible. Initialement reportée, cette session a finalement permis d’examiner en profondeur les responsabilités dans ce drame.

À la barre, les six prévenus ont tour à tour livré leur version des faits, chacun tentant de préciser son rôle dans la nuit de l’intervention. Les débats ont également été alimentés par les dépositions de deux témoins clés. Le premier a affirmé avoir entendu, vers 2 heures du matin, des cris d’appel au secours. Le second, présent lors de l’interpellation, a déclaré que des policiers auraient exigé le téléphone portable de la victime avant que la situation ne dégénère, provoquant sa fuite par peur des coups portés à Fayçal Ouorou.

Du côté de la famille, le père de la victime a expliqué avoir été informé tardivement des faits, initialement présentés comme un accident de circulation. Ce n’est qu’après la circulation de rumeurs sur les réseaux sociaux qu’il aurait été confronté à la réalité des faits, qu’il qualifie de possible bavure policière. La partie civile a, à ce titre, réclamé 100 millions de francs CFA de réparation.

Dans ses réquisitions, le ministère public a retenu deux qualifications principales : coups et blessures volontaires pour quatre des prévenus, et recel de cadavre pour les deux autres. Le parquet avait requis des peines allant jusqu’à dix ans de prison pour cinq des accusés, ainsi qu’une peine complémentaire de deux ans d’emprisonnement assortie d’une amende pour le commissaire impliqué.

Après près de neuf heures d’audience, les avocats de la défense ont plaidé pour des circonstances atténuantes, demandant l’allègement des peines et l’acquittement de certains prévenus.

Au terme des délibérations, le tribunal a finalement prononcé des peines différenciées, allant de deux mois à sept ans d’emprisonnement ferme, assorties d’une amende de cinq millions de francs CFA selon les responsabilités établies.

La famille de Fayçal Ouorou dispose de quinze jours pour interjeter appel. Les condamnés, quant à eux, disposent d’un délai de trois mois pour s’acquitter des amendes prononcées.

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