Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche entre dans une nouvelle ère. Officiellement installé dans ses fonctions ce mardi 26 mai 2026 à la faveur de la cérémonie de passation de charges tenue au bâtiment F de la cité ministérielle à Cotonou, le nouveau ministre Adin Yéton Bloukounon Goubalan a affiché de grandes ambitions pour le secteur agricole béninois.

Nommé par le président Romuald Wadagni, l’ancien fonctionnaire de la FAO entend conduire une transformation profonde du monde agricole béninois à travers une approche axée sur les résultats, l’innovation et la modernisation des filières.
Dans un discours dense et volontariste d’une vingtaine de minutes, le nouveau patron du MAEP a d’abord exprimé sa profonde gratitude au chef de l’État pour la confiance placée en sa personne avant de rendre un hommage appuyé à son prédécesseur Gaston Cossi Dossouhoui pour les réformes engagées durant les dix dernières années.

Mais très vite, le ton est monté d’un cran. Car pour Adin Yéton Bloukounon Goubalan, l’heure n’est plus aux simples ajustements administratifs. « L’heure est à une profonde et véritable révolution agricole béninoise », a-t-il lancé devant les cadres du ministère, les partenaires techniques et les acteurs du secteur.
Conscient des énormes défis qui pèsent encore sur l’agriculture béninoise — faible maîtrise de l’eau agricole, vulnérabilité climatique, dégradation des sols, faible mécanisation, difficultés d’accès au financement, insuffisance de transformation locale ou encore sous-exploitation du potentiel de l’élevage et de l’aquaculture, le nouveau ministre promet une rupture stratégique fondée sur l’efficacité et la culture du résultat.
Au cœur de cette nouvelle vision, huit grandes priorités stratégiques ont été dévoilées. Le nouveau ministre veut notamment transformer durablement les filières agricoles prioritaires afin de garantir des débouchés stables aux producteurs. Il ambitionne aussi une véritable révolution de l’eau agricole à travers l’irrigation de proximité, les retenues d’eau, la dérivation fluviale et des systèmes intelligents d’accès à l’eau afin de sécuriser plusieurs cycles de production par an.

La restauration de la fertilité des sols, la modernisation de l’élevage, le développement massif de la pêche et de l’aquaculture ainsi que l’accélération de l’agro-industrialisation figurent également parmi les grands chantiers annoncés.
Mais l’une des annonces les plus marquantes reste sans doute l’entrée de l’agriculture béninoise dans l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Le ministre veut permettre aux producteurs béninois de bénéficier de conseils agricoles digitaux personnalisés en langues locales grâce aux données climatiques, géospatiales et météorologiques intégrées à des systèmes intelligents d’aide à la décision.
Le nouveau MAEP entend aussi mettre en place des mécanismes innovants de protection sociale au profit des producteurs agricoles avec notamment des assurances agricoles renforcées et des réflexions autour d’un système de retraite adapté au monde rural.
Pour réussir cette ambitieuse mutation, Adin Yéton Bloukounon Goubalan appelle à une mobilisation générale de tous les acteurs du secteur agricole, des cadres ministériels aux producteurs en passant par les partenaires techniques et financiers.
Éthique, transparence, patriotisme, proximité, innovation et surtout culture du résultat : voilà les piliers sur lesquels le nouveau ministre veut bâtir ce qu’il appelle déjà « le Bénin Vert ».
À travers cette vision offensive, le régime Romuald Wadagni semble clairement vouloir faire de l’agriculture l’un des principaux moteurs de transformation économique et sociale du Bénin au cours des prochaines années.
Patrice BIAOU
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