AFFAIRE OLIVIER BOKO ET OSWALD HOMEKY : La Défense dénonce une « erreur procédurale » devant la Cour constitutionnelle

Accusés de tentative de coup d’État, Olivier Boko et Oswald Homeky voient leur dossier prendre une tournure décisive. La défense a saisi la Cour constitutionnelle, pointant une irrégularité procédurale. Le juge d’instruction aurait rendu une décision malgré une exception d’inconstitutionnalité en cours d’examen. Cette situation soulève des questions sur le respect des règles judiciaires dans cette affaire sensible.

La bataille judiciaire autour d’Olivier Boko, homme d’affaires influent, et Oswald Homeky, ancien ministre des Sports, s’intensifie. Accusés de tentative de coup d’État, les deux hommes, via leur défense, viennent de déposer une requête devant la Cour constitutionnelle. La raison ? Une erreur dans le processus, selon leurs avocats. Me Ayodélé Ahounou, avocat de la défense, estime que le juge d’instruction a violé les règles en vigueur. « La loi organique sur la Cour constitutionnelle, le règlement intérieur de ladite cour et le Code de procédure pénale […] prescrivent clairement que lorsque l’exception est soulevée, le juge sursoit à sa décision », a-t-il expliqué au média Banouto. La requête a été enregistrée le 4 décembre 2024 et renvoyée au 19 décembre pour examen. Ce délai pourrait bouleverser la dynamique de l’affaire. Les avocats des accusés dénoncent une accélération inhabituelle du processus. Pour Me Paul Kato Atita, nouveau membre de l’équipe de défense, le rythme laisse penser que l’issue du procès est déjà connue.

Quelques jours auparavant, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) avait rejeté les demandes de nullité formulées par les avocats de la défense. Olivier Boko et Oswald Homeky, accompagnés de leurs conseillers, avaient assisté à l’audience, marquant une étape cruciale dans leur procès. L’affaire soulève des questions sur le respect des droits procéduraux. La défense insiste sur la nécessité de surseoir aux décisions en cas d’exception d’inconstitutionnalité, comme le stipule la loi. Cette irrégularité, si elle est confirmée, pourrait fragiliser l’accusation et offrir une nouvelle perspective aux accusés. En attendant le verdict de la Cour constitutionnelle prévu le 19 décembre, le feuilleton judiciaire continue de captiver l’opinion publique, mettant en lumière des pratiques judiciaires sujettes à controverse.

Alors que les regards se tournent vers la Cour constitutionnelle, la défense espère une issue favorable à ses clients. L’issue de cette affaire sera un indicateur clé pour évaluer l’équilibre entre justice, politique et droit au Bénin. Pour les accusés, chaque jour renforce l’urgence de prouver leur innocence.

Patrice BIAOU

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