Le Parlement béninois a validé ce jeudi 5 décembre 2024, le budget de l’État pour 2025, marquant une augmentation significative des crédits de paiement. Si les députés de la mouvance présidentielle ont salué un budget ambitieux et orienté vers le développement durable, l’opposition reste sceptique, dénonçant des priorités mal définies.
Le Bénin entame une nouvelle année budgétaire sous le signe de la croissance et de l’adaptation aux défis sociaux et climatiques. Ce jeudi, les 109 députés de la neuvième législature ont procédé au vote du projet de loi des finances 2025. Comme attendu, les 81 élus de la majorité ont soutenu cette loi, tandis que les 28 députés de l’opposition ont exprimé un rejet unanime, s’inscrivant dans une dynamique critique déjà observée l’année dernière. Le budget pour 2025 s’établit à 3 551 milliards de francs CFA, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024. Il inclut 640 664,4 millions de francs CFA en crédits de paiement, marquant une augmentation de près de 90 milliards par rapport à l’année précédente. Ces fonds sont répartis en 98 256,5 millions de francs CFA pour les dépenses d’atténuation et 542 407,8 millions de francs CFA pour les mesures d’adaptation, visant à renforcer la résilience économique et sociale.
Parmi les priorités phares, les politiques climatiques bénéficient d’un financement accru, représentant 63,4 % des investissements publics, soit une hausse de 16,29 % par rapport à 2024. En parallèle, le gouvernement consacre 41,5 % du budget aux dépenses sociales, reflétant une volonté de lutte accrue contre la pauvreté. Lors de la présentation du projet en novembre, le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a affirmé que l’objectif est de ramener le taux de pauvreté à 33,8 % d’ici fin 2025.
Si la majorité loue un budget adapté aux ambitions nationales, l’opposition demeure critique. Pour eux, cette loi de finances ne reflète pas les véritables préoccupations des citoyens. Leur vote contre, pour la deuxième année consécutive, souligne leur désaccord persistant avec les priorités fixées. Le député Basile Ahossi, qui avait défrayé la chronique l’année dernière en votant pour le budget malgré son appartenance à l’opposition, s’est cette fois abstenu de tout commentaire public. En revanche, plusieurs élus ‘’Les Démocrates’’ ont dénoncé des mesures jugées insuffisantes face aux enjeux économiques et sociaux à l’horizon 2026.
Malgré les dissensions, cette adoption marque un cap décisif pour le gouvernement de Patrice Talon. La montée en puissance des crédits pour les politiques climatiques et sociales témoigne d’une orientation stratégique vers un développement inclusif et durable. Le ministre Wadagni a réitéré, dans une récente déclaration, la détermination du gouvernement à réduire les inégalités tout en maintenant une croissance économique soutenue.
Pour les partisans de ce budget, il symbolise la stabilité et la capacité du pays à se projeter face aux défis économiques globaux. « Ce budget est celui de la résilience et de l’espoir », affirment des députés de la mouvance présidentielle. À deux ans des échéances électorales de 2026, les postures adoptées autour de ce vote reflètent également des stratégies politiques. Si l’adoption était largement prévisible grâce à la majorité mécanique, l’opposition devra, dans les mois à venir, affiner son discours pour convaincre un électorat en quête de solutions concrètes.
Ce budget, tout en consolidant les acquis, ouvre la voie à des débats intenses sur l’efficacité des choix stratégiques pour le Bénin de demain.
Patrice BIAOU
