•Période extrêmement difficile pour de nombreux parents d’élèves
À seulement quelques jours de la rentrée scolaire 2024-2025, élèves, parents d’élèves et encadreurs affûtent leurs armes pour la réussite du retour des enfants dans les établissements scolaires. Mais la tâche la plus dure dans tout ça est celle des parents d’élèves qui sont déjà dans des difficultés surtout liées à la cherté de la vie. Et comme si cela ne suffisait pas, est venue se greffer l’ouverture des classes. Certains se plaignent du coût élevé des fournitures scolaires, d’autres encore de la galère qui sévit dans les foyers en cette période de conjoncture économique.
Le lundi 16 septembre prochain marquera la rentrée des classes pour l’année scolaire 2024-2025 au Bénin. À quelques jours de ce rendez-vous, l’ambiance est loin d’être festive, ici à Abomey-Calavi. Entre la hausse des prix des fournitures scolaires et la morosité économique qui pèse sur les ménages, le puzzle des préparatifs semble difficile à résoudre. Une situation qui se fait ressentir dans les stands de fournitures scolaires, où les commerçants attendent toujours les premiers clients. Ils peinent à voir les acheteurs se presser à leurs stands.
Yasmine Anatohon, une tenancière de stand à Abomey-Calavi, exprime son désarroi : « Vraiment, c’est compliqué ! Ils ne viennent vraiment pas ou seulement pour visiter le stand. En-dehors de quelques-uns qui profitent de leur passage pour demander les prix actuels sur le marché, ils sont très peu nombreux, ceux-là qui font des achats ». Elle espère toutefois que la tendance changera à l’approche de la rentrée, une période où les parents ont pour habitude de faire leurs emplettes de dernière minute.
Justine Tchikpoto, une autre commerçante, partage le même constat avec une pointe de désespoir : « Il n’y pas du tout de vente, j’ai l’impression de perdre mes journées. Franchement. Nous avons commencé depuis plus d’un mois. Ceux qui viennent, demandent juste le prix. Et pire, ils estiment que les choses sont chères, au point où on se demande s’ils vont revenir. »
Dans le rang des parents d’élèves, les plaintes vont également bon train. Selon Thomas Ahotin, un parent d’élève, les parents veulent bien assumer leurs responsabilités, mais sont confrontés à un manque cruel de ressources. « C’est le temps, c’est vraiment dur. On s’échine, on va de gauche à droite pour trouver un peu. Et sur le marché, les choses sont de plus en plus chères », nous confie-t-il.
Pour d’autres encore, les préparatifs de la rentrée viennent encore alourdir une économie des ménages déjà sous pression. La flambée des prix des produits de première nécessité, de l’électricité, de l’eau, et d’autres services essentiels, laissent les parents dans l’incertitude. Les établissements privés, autrefois perçus comme des garants d’une éducation de qualité, deviennent inaccessibles pour beaucoup.
Norbert Dodou, père de trois enfants, a pris une décision radicale cette année. « Je suis dépassé. Cette année, mes enfants ne pourront plus faire les établissements privés. Les années précédentes, je dépensais plus de 300.000 Fcfa dans leur scolarité. Mais là, les moyens ne me permettent plus de les inscrire là-bas », explique-t-il. Pour Norbert, la scolarisation dans le public apparaît désormais comme une nécessité, non plus un choix, dans un contexte où les charges incompressibles rattrapent rapidement les parents.
Malgré les difficultés économiques, ils sont néanmoins conscients de leur responsabilité de parents. Théodore Agbohoun nous explique comment il a planifié ses dépenses pour éviter des désagréments de dernière minute : « C’est une obligation pour nous, qu’on le veuille ou pas. Que ce soit cher ou très cher, l’achat des fournitures scolaires relève de notre devoir. C’est pourquoi moi, j’avais déjà tout anticipé. C’est vrai ça n’a pas été facile avec les autres dépenses quotidiennes, mais j’ai trouvé le juste milieu pour le bien-être de mes enfants ». Dans cette dure lutte, il en va donc de la réalité de chacun.
Cependant, la rentrée approche à grands pas. Il reste à voir comment les familles d’Abomey-Calavi, et plus largement du Bénin, réussiront à jongler entre la nécessité d’assurer l’éducation de leurs enfants et les réalités économiques difficiles.
José Pascaël AGBO (Correspondant Alt-Littoral)
