La Police Républicaine est sous le feu des projecteurs après un incident tragique survenu à Parakou en novembre 2024. Ce mardi 3 décembre, lors d’une réunion avec les chefs d’unités, le Directeur Général de la Police Républicaine (DGPR), Soumaïla Allabi Yaya, a enfin donné des éclaircissements sur l’enquête en cours. Loin de se contenter de simples excuses, il a dressé un bilan sévère des dysfonctionnements qui ont conduit à cette bavure et a annoncé des mesures drastiques pour redresser la situation.
L’incident de Parakou, qui a impliqué l’usage excessif de la force par des agents de la Police Républicaine, a choqué l’opinion publique. Selon Soumaïla Allabi Yaya, l’un des principaux facteurs ayant mené à cette bavure est l’absence de briefing préalable avant la mission, pointant une lacune importante dans l’encadrement des agents. Il a également dénoncé des pratiques inadmissibles, telles que la fouille abusive des téléphones des citoyens, un acte formellement interdit depuis deux ans mais qui persiste malgré les avertissements.
Le DGPR a souligné qu’un commissaire de police impliqué dans l’incident n’avait été informé qu’une fois que l’état de la victime était déjà grave. Il a également critiqué l’usage disproportionné de la force, qualifiant le comportement de certains agents d’homicide, et a insisté sur la nécessité d’une maîtrise parfaite des techniques de contrôle des individus. « Ils ont manqué de maîtrise des techniques nécessaires pour contrôler un individu qui ne représentait pas un danger », a-t-il affirmé, déplorant une gestion défaillante de l’intervention.
L’affaire s’est alourdie lorsqu’il a été révélé qu’une tentative de dissimulation avait eu lieu après l’incident. Un corps avait été retrouvé, et des documents falsifiés avaient été produits pour tenter de masquer la gravité de la situation. Pour Soumaïla Allabi Yaya, cela témoigne d’une bavure délibérée et d’une grave erreur de jugement, qui aurait pu être évitée si les protocoles avaient été strictement suivis.
Lors de sa prise de parole, le DGPR a rappelé aux commissaires de police leur rôle crucial dans la supervision des agents. Il a insisté sur le fait que l’absence d’instruction et de suivi rigoureux constitue un danger pour l’institution. « Le manque d’instruction constitue un véritable danger pour l’institution », a-t-il insisté, appelant les commissaires à renforcer le contrôle des services et à être transparents avec leur hiérarchie.
Il a également mis en avant le fait que l’image de la Police Républicaine, déjà fragilisée par cet incident, souffre de comportements inappropriés de certains de ses agents, occultant ainsi les efforts et sacrifices d’une majorité de policiers compétents et dévoués.
En réponse à cet incident, Soumaïla Allabi Yaya a annoncé que des sanctions disciplinaires seraient appliquées aux agents impliqués, allant potentiellement jusqu’à la radiation. « Cela pourrait aller jusqu’à la radiation », a-t-il précisé, avant d’ajouter : « Vous serez jugés sur la qualité du travail accompli ». Ces mesures sévères visent à rétablir la discipline au sein de la Police Républicaine et à redonner confiance à la population.
Cette prise de position ferme témoigne de la volonté de la Police Républicaine de remettre de l’ordre dans ses rangs et de garantir que de tels incidents ne se reproduisent plus. Soumaïla Allabi Yaya a affirmé que la priorité était de restaurer la confiance entre les citoyens et la police, une tâche ardue mais indispensable pour garantir la sécurité et le respect des droits de tous. La question demeure : ces mesures seront-elles suffisantes pour réparer l’image de l’institution et rétablir la confiance du public ? Seul l’avenir le dira.
Jean Pierre ABALLO
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