La douane et la police ont fait de ces forcenés plus dévoués qu’eux à la tâche, des hommes à tous faire. Aux postes de douane et certains postes de police, ils furent jusqu’à hier encore, les faiseurs de loi à la place des ayants droits. En ces temps-là, le Klébé était ce qu’il y avait de plus loyal au service de la République. Ce dévouement à toute épreuve de ces compatriotes a fini par faire des vocations dans des domaines où on ne pouvait espérer l’action de ces Klébés. Ainsi, non contents de s’associer les services de la presse locale et internationale pour assurer leur propagande, les politiciens ont eu l’ingénieuse idée de se payer ceux de Klébés moins disant et surtout plus corvéables à merci.
Le développement fulgurant des réseaux sociaux, sphère de prédilection de ces Klébés, a d’ailleurs contribué à l’éclosion d’un nouveau type de griot au service de la dithyrambe politique. Peu protocolaires et toujours prêts à jongler avec les mots pour dire les litanies improuvables de leurs clients, les Klébés sont devenus à un moment donné la référence en matière de communication pour nombre d’acteurs politiques, au point de commencer à faire ombrage à la presse officielle. Cet activisme enflammé a fini par consacrer la fameuse expression « Klébéture » servant à désigner ceux-là qui sans gêne aucune se plaisent à mettre leur plume au service de toutes les causes avides de louanges dithyrambiques.
Mais si la Klébéture 3.0 a encore le sommeil tranquille, les Klébés de la douane n’ont plus le sommeil tranquille. Leurs employeurs têtus n’en faisant qu’à leur tête au mépris des interdictions de la hiérarchie, ont continué à les faire travailler. Cette information a dernièrement mis en courroux la haute autorité qui sans tergiverser, a rappeler à l’ordre les douaniers récidivistes. Désormais, plus rien de tel ne sera toléré sur les terres de la rupture qui se veut exempte de toute critique. Alors, avis aux Klébés de l’autre côté. Peut-être qu’un jour, eux aussi seront dans le viseur…
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