Face à la cherté de la vie au Bénin et à la crise politico-diplomatique qui secoue le Bénin et le Niger depuis quelques mois, Zoul-Kifouli Ali, Coordonnateur national de la dynamique AVEC (Alliance des Vaillants Engagés pour Cause commune) sort de son silence et lève le ton.
En effet, quarante jours après le Ramadan, la communauté musulmane célèbre l’Aïd el-Kebir, marquant la fin du pèlerinage à La Mecque, un des cinq piliers de l’islam. Communément appelée fête du mouton, la Tabaski est consacrée à l’immolation des moutons en guise de sacrifice à Allah.
Cette année, la fête est marquée par une raréfaction inquiétante des moutons au Bénin. Dans les stands de vente, les moutons se font rares, et les prix flambent. Les vendeurs expliquent cette situation par la fermeture de la frontière terrestre avec le Niger, une décision qui a exacerbé l’inflation déjà galopante et aggravé la cherté de la vie dans tout le pays.
Zoul-Kifouli Ali, Coordonnateur national de la dynamique AVEC (Alliance des Vaillants Engagés pour la Cause commune), pointe du doigt les raisons profondes de cette crise. Selon lui, la situation économique actuelle est le résultat direct des politiques gouvernementales qui ont mené à la fermeture de la frontière et à la création de sous-emploi.
Les entrepreneurs capables de générer des emplois sont soit en exil, comme Martin Rodriguez et Sébastien Ajavon, soit emprisonnés pour des raisons politiques, comme l’ancienne ministre Reckya Madougou et le professeur Frédéric Joël Aïvo. Malgré sa détention arbitraire et les tortures subies, Reckya Madougou continue de contribuer socialement, en installant des forages, en formant les jeunes et les femmes, en finançant les soins des patients et en soutenant les orphelins.
Zoul-Kifouli Ali critique sévèrement le gouvernement pour son manque de compassion et ses politiques qui augmentent les impôts et taxes de manière désordonnée, recrutent des étrangers pour gérer des sociétés sensibles, et utilisent le chômage des jeunes comme levier politique. Il appelle à un changement de leadership, avec des dirigeants ayant un véritable cœur pour le peuple.
Concernant la fermeture de la frontière avec le Niger, Ali affirme que celle-ci résulte des tensions diplomatiques causées par la présence supposée de bases militaires françaises au Bénin. Le gouvernement béninois, par l’intermédiaire de son porte-parole, a tenté de minimiser cette présence en affirmant qu’il ne s’agissait que de petits camps militaires et non de bases permanentes. Toutefois, cette situation continue de peser lourdement sur les relations entre les deux pays.
Face à ces défis, Zoul-Kifouli Ali exhorte le président Patrice Talon à faire preuve d’humilité et à demander pardon aux autorités nigériennes pour apaiser les tensions. Il insiste sur la nécessité d’une révision inclusive du code électoral avant 2026, impliquant les détenus et exilés politiques. Pour y parvenir, il appelle à une marche nationale massive pour forcer le gouvernement à répondre aux véritables besoins du peuple béninois.
Cette Tabaski 2024, marquée par la pénurie de moutons, symbolise plus largement les difficultés économiques et politiques que traverse le Bénin. Les discours de Zoul-Kifouli Ali rappellent la nécessité de réformes profondes et d’une gouvernance plus empathique et responsable pour améliorer la vie des citoyens.
Anselme ORICHA
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Merci beaucoup à monsieur Zoul de leur dire la vérité et de proposer des pistes de solutions !
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