Après l’interdiction formelle du trafic fluvial entre le Bénin et le Niger, une nouvelle mesure intervient ! Les bus de transport en commun ( compagnie béninoise et nigérienne) majoritairement ceux des compagnies nigériennes opérant dans la sous-région ouest-africaine sont interdits d’accès à Malanville centre. Selon des indiscrétions, cet affermissement vise à lutter contre les contournements clandestins, informe la rédaction de Sota Fm.
Selon le constat fait par notre source sur terrain depuis la semaine du 28 mai, aucun bus n’est stationné sur les parcs et points d’escale, y compris ceux des compagnies béninoises. En effet, malgré le contrôle accru des policiers à la frontière, certains voyageurs en partance pour le Niger réussissent à déjouer les vigilances à travers des contournements en brousse. C’est ainsi que, d’après des explications, Malanville a été strictement interdite aux bus. Kandi serait le point de filtration des passagers, précise notre source.
D’un autre côté, il serait interdit aux conducteurs de Taxi interurbains de transporter des passagers en transit à destination de Malanville. Une mesure qui suscite des plaintes dans leur rang. À travers le micro de Sota Fm, un conducteur Taxi témoigne avoir subi les fouilles de ses passagers dont l’objectif est d’identifier les nigériens. Pour cela, des véhicules sont arraisonnés et conduits au commissariat, selon le chauffeur. Ce dernier s’est à cet effet demandé si les nigériens étaient devenus de la « drogue » qu’on ne doit plus transporter. Mieux, les nigériens vivent à Malanville. «Et Pourquoi ne pas les transporter ?» s’est-il demandé.
En parallèle, l’interdiction de la sortie des produits alimentaires est une autre mesure qui fait polémique. À en croire la rédaction de Sota Fm, transporter un sac de vivres devient un acte répréhensible à Malanville et plusieurs citoyens se plaignent de la saisie de leurs produits alimentaires. Souh Soumaïla, un habitant de Kotchi, localité de l’arrondissement central de Malanville, isolée par un cours d’eau, du côté est de la ville révèle avoir été formellement empêché de rentrer avec un sac de riz de 25 kilos qu’il avait acheté. « La décision est trop radicale» croit-il. Sur les antennes de la radio locale Sota Fm, le sujet fait objet de grogne et Plusieurs intervenants disent ne pas comprendre pourquoi les Béninois seraient également interdits de transporter leurs propres biens sur le sol national car cette opération serait motivée par le besoin de lutter contre la sortie des produits alimentaires du territoire national en direction des pays voisins. Sur ce, à Malanville, le mécontentement se généralise. Plusieurs citoyens n’admettent pas la traque contre le transport de leurs biens sur leur propre territoire.
Dans le cadre de la tournée de reddition de compte du gouvernement à Malanville ce dimanche 2 juin 2024, la situation a été exposée au Ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Alassane Séidou. À cette occasion, il a affirmé qu’il n’était pas admissible que les populations subissent une telle situation puis il les a rassuré quant aux dispositions à prendre pour mettre fin à ces difficultés liées à l’application des décisions. A cet effet, les responsables des unités de sécurité seront conviés à une réunion pour repréciser la mesure, a déclaré le Ministre Alassane Séidou sous des applaudissements bien nourris, signe de satisfaction des populations.
Bambo Nestor NOANTI (stg)
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A quoi rime le bras de fer Niger Bénin ? A qui profite cette crise?