Samedi 26 juillet 2025. Mondjigangan, un quartier de Dassa-Zoumè, a de nouveau été le théâtre d’un drame routier. Une collision violente entre deux véhicules circulant en sens inverse a coûté la vie à cinq personnes, blessé grièvement cinq autres, et replongé toute une nation dans la consternation.
L’accident s’est produit aux environs de 17 heures. L’un des véhicules venait de Glazoué, l’autre roulait vers Savè. Le point d’impact : un virage réputé dangereux, probablement mal négocié, avec comme cause probable un excès de vitesse. Le choc a été frontal, brutal, irréversible.
Dassa-Zoumè n’est pas une localité enclavée ni oubliée des infrastructures. Elle se trouve au cœur du corridor Cotonou–Parakou–Malanville, l’un des axes économiques et commerciaux les plus empruntés du pays. Une route bitumée, visible, stratégique. Mais qui semble être devenue une tranchée routière, une ligne rouge invisible que l’on franchit parfois sans retour.
À chaque nouveau drame, les mêmes constats reviennent. Les mêmes causes, les mêmes larmes, la même colère. Mais aucune solution durable. L’émotion nationale retombe aussi vite que le sang sèche sur l’asphalte.
L’accident de Mondjigangan n’est pas un cas isolé. Il s’ajoute à une série d’autres, dans la même commune, sur le même tronçon, dans des conditions similaires. Trop souvent, les virages de Dassa deviennent des pièges. Et personne ne semble vouloir les neutraliser.
Le problème n’est pas que technique. Il est aussi institutionnel. Où est l’audit du réseau routier à haut risque ? Où sont les radars de contrôle ? Où sont les campagnes spécifiques pour les axes meurtriers ? Où sont les barrières de ralentissement dans les zones critiques ?
Pendant que les familles endeuillées cherchent des réponses, la route, elle, continue de faucher. Silencieusement. Tragiquement.
Dassa n’a pas vocation à devenir un point noir permanent de la carte routière béninoise. Elle ne mérite pas d’être ce nom que l’on associe instinctivement à la mort. Elle mérite un plan d’action ciblé, une réflexion transversale sur la sécurité des axes à haute densité de trafic.
L’heure n’est plus aux lamentations. Elle est à l’intervention. À la rigueur. À la prévention.
Parce qu’au rythme où vont les choses, la prochaine victime est peut-être déjà en route.
