Le Parlement béninois a acté l’adoption de la loi de finances pour 2025. Un budget ambitieux de 3 551,005 milliards de FCFA. Toutefois, ce vote a mis en lumière des dissensions profondes entre la majorité parlementaire et l’opposition. Les débats en commission et lors de la plénière ont révélé bien plus qu’un simple désaccord budgétaire : un duel idéologique et politique.
La loi de finances pour 2025 s’inscrit dans une dynamique de croissance et d’innovation, avec une hausse de 11 % par rapport au budget 2024. Les priorités sont claires : élargir l’espace budgétaire pour les investissements sociaux et réduire les contraintes liées aux chocs exogènes. Pour autant, ce projet de loi a divisé les députés, reflétant un fossé qui dépasse les simples chiffres.
Du côté de la majorité, le soutien au projet de loi s’est accompagné de louanges à l’adresse du gouvernement. Didier Maixent Djeigo a salué les « nombreuses concrétisations » dans les domaines sociaux, notamment les cantines scolaires et les classes sportives et culturelles. Malick Gomina, quant à lui, a insisté sur la transparence de la gestion publique et les progrès visibles dans les localités du pays.
L’opposition, en revanche, a adopté une posture de défiance. Les députés ‘’Les Démocrates’’ ont voté contre la loi, évoquant des motifs hors du cadre strictement budgétaire. Ils ont dénoncé la répression de leur manifestation dans le nord du pays et la mort tragique du jeune Fayçal Ouorou, une « énième victime de bavure policière ». Gérard Gbénontchi, président de la commission des finances, a qualifié ces arguments de « réponses politiques n’ayant aucun lien avec le dossier à l’ordre du jour ».
Au-delà des tensions, la loi prévoit des mesures inédites. Parmi elles, l’exonération des droits de douane et de TVA sur les intrants de dialyse dès janvier 2025, et de nouvelles modalités pour la gestion des valeurs vénales des collectivités locales. Une vision cohérente avec les objectifs du Plan National de Développement. Cependant, le député Oroukoubou Yacoubou a critiqué ce qu’il considère comme une inégalité persistante, en pointant les souffrances des populations face à une minorité privilégiée.
Au final, ce vote met en lumière une réalité complexe : un budget ambitieux peut-il masquer les divisions profondes ? La réponse appartient désormais à l’exécution, où se jouera le véritable impact sur les Béninois.
José Pascaël AGBO
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