En 2024, les séquelles de la montée des eaux au Nord du Bénin, dûes aux pluies diluviennes depuis septembre 2022, demeurent toujours d’actualité dans certaines régions rurales. C’est le cas du pont reliant les villages de Douroubé et d’Atagara, dans la commune de N’dali, complètement effondré depuis le 19 septembre 2022 et qui laisse les usagers désemparés. Ledit pont est précisément situé sur l’axe Parakou-Pèrèrè. Traverser ce pont après une pluie sérieuse ou modérée est un véritable casse-tête pour tous les usagers (motocyclistes, piétons, etc.). Face à cette situation, la population s’inquiète et lance un appel aux dirigeants.
En effet, l’effondrement du pont est dû aux intempéries. À l’époque, selon Banouto, l’autorité municipale avait informé avoir remonté l’information aux autorités préfectorales pour une solution imminente de la part de l’Etat. « Jusqu’à présent, ce pont demeure toujours en l’état. Tout est calme, sans signe d’intervention des autorités compétentes », dixit Barnabé Yo, un habitant du village.
En cette saison des pluies, Ibrahim Yombo se souvient de la catastrophe qu’il a vécue précédemment, alors qu’il transportait de l’essence frelatée communément appelée « kpayo » : « Je me suis complètement noyé dans la rivière en essayant de traverser avec mes bidons d’essence », précise-t-il. Le visage crispé, Batoko, un agriculteur et habitant de Douroubé exprime sa grande tristesse : « Quand la pluie commence, nous souffrons énormément. Il nous est difficile de traverser de l’autre côté de la rivière pour vaquer à nos activités champêtres. Parfois, nous n’allons pas au champ par crainte que l’eau emporte nos enfants », confie-t-il.
Pour éviter ces problèmes pendant cette période, certains usagers empruntent des chemins alternatifs pour effectuer leurs transactions en attendant l’intervention de l’État. D’autres préfèrent se faire traverser par des nageurs moyennant une rémunération. Pourtant, l’importance de l’axe Parakou-Pèrèrè dans l’économie béninoise ne fait aucun doute. Non seulement, il facilite les échanges commerciaux et le développement régional, mais il joue également un rôle important dans l’économie du pays. Comment peut-il alors continuer à remplir ce rôle alors que ce pont demeure impraticable ?, se demande un jeune étudiant qui passait lors de l’interview.
À l’instar de Louis Toko, transporteur de l’essence frelaté vulgairement appelé » fayoman », de nombreux usagers rencontrés sur ce pont expriment leur mécontentement et appellent au secours du gouvernement de Patrice Talon. L’on espère vivement que les autorités compétentes prendront cette situation à bras-le-corps afin de rétablir la mobilité sur cet axe inter-États qui relie le Bénin au Nigeria en passant par Pèrèrè.
Bambo Nestor NOANTI
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