À beau mentir, qui vient de loin ! C’est bien à cela qu’on pourrait résumer cette affaire de CHIC qui tente de nous faire passer le purgatoire pour le paradis. Depuis quelques semaines, des vidéos et des publications dithyrambiques tentent de présenter le plus chic des hôpitaux du moment comme la huitième merveille du monde où les morts eux-mêmes pourraient connaître la résurrection vu le caractère inédit du plateau technique. On le compare même à des hôpitaux occidentaux à qui il ravirait la vedette pour un certain nombre de traitement. C’est un souhait ! Qu’un jour l’Afrique entière ou l’un de ses Etats en viennent à supplanter l’Occident dans tel et tel domaine ne peut qu’être une fierté. Mais ce n’est pour autant qu’il faut mettre la charrue avant les boeufs en faisant passer des vessies pour des lanternes. Ailleurs, dans la sous région, il y avait déjà bien d’autres chic aux standards internationaux qui n’ont rien à envier au chic d’ici. S’il est vraiment que par fierté, on peut vouloir se vanter d’avoir déplacé la lune, il faut tout de même accepter que d’autres ont peut-être avant soi côtoyé mars. De Lomé à Accra en passant par Niamey, d’autres chic faisaient déjà la fierté de l’Afrique et n’attendaient que d’autres de la même trempe pour porter, ensemble, le flambeau de l’Afrique qui refuse de s’endurcir dans la sollicitation permanente des autres sur tous les plans. Les chic, il en faudra donc encore et encore dans les Etats africains même si cela demande que le chèque soit disponible. Mais pas dans un victorisme qui tend en permanence à faire croire qu’on est arrivé dans un monde encore vierge où tout a été forgé de ses mains. C’est une injure à la conscience collective que de toujours faire prévaloir qu’avant soi, il n’y a jamais rien eu et qu’avec soi, il y aura tout comme si la vie ne s’arrêterait qu’à soi. Les chic, ils en faudra dans l’éducation, les ponts et chaussées, l’agriculture, la technologie…, afin de créer le choc de la confrontation des Etats de l’Afrique qui avancent en se donnant la main pour porter le continent au firmament du développement. C’est ce à quoi chaque Africain, dirigeant comme citoyen lambda doit s’atteler pour un minimum social commun. La guerre des CHIC ne sert donc a rien dans un environnement de manque infrastructurel criant. À chacun son CHIC, certes mais ensemble pour des chic encore plus CHIC au plan continental.
Raoul HOUNTONDJI
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