LIMOGEAGE DE PROCHES COLLABORATEURS: Patrice Talon : la peur de la succession ou volonté de respecter le système partisan ?

Johannes Dagnon, bras droit du Chef de l’État Patrice Talon a été débarqué de son poste de Coordonnateur du Bureau d’Analyse et d’Investigation de la Présidence de la République. Un limogeage qui a surpris plus d’un du fait de la proximité des deux personnalités qui ont conjointement dirigé le pays depuis 2016, date de prise du pouvoir de l’homme d’affaires. Si le cousin et conseiller spécial du Président de la République n’est plus un employé du Palais de la Marina, la question qui reste posée est de savoir ce qui a opposé les deux proches. A travers ce limogeage, beaucoup y voit une guerre de succession et la défense des intérêts personnels pendant que d’autres pensent que Patrice Talon tient au respect du système partisan dont il est ardent défenseur. Pour rappel, le nom de Johannes Dagnon avait été cité comme étant candidat pour la prochaine élection présidentielle. Serait-ce la vraie raison de son limogeage ou Patrice Talon cherche-t-il à ne pas réserver un traitement de faveur à tout ceux qui cherchent à mettre à mal son système partisan ?

C’est une annonce qui a surpris plus d’un ce mardi 09 Avril 2024. Johannes Dagnon limogé par le Président Patrice Talon ! Un fait qui a semblé faux mais qui s’est avéré par la suite après une confirmation reçue et ventilée par plusieurs publications. Dès lors, plusieurs interrogations sont nées de ce fait qui paraît inhabituel du fait de la relation qui existe entre les deux personnalités. Selon les informations rapportées par le média, les désaccords entre Patrice Talon et Johannes Dagnon portent sur divers sujets, notamment la crise survenue au Niger depuis le 26 juillet 2023 avec la destitution de Mohamed Bazoum. Johannes Dagnon, alors Conseiller spécial du président béninois, a adopté des positions controversées dans cette crise et aurait tenté à plusieurs reprises de persuader Patrice Talon de tempérer sa position à l’égard de la junte nigérienne dirigée par Abdourahamane Tiani.

Le média panafricain rapporte que Dagnon a tenté en vain d’expliquer à son cousin que cette position pourrait avoir des conséquences économiques pour le Bénin.Dans le même temps, d’autres sources évoquent la question de la succession de Patrice Talon qui serait la pomme de discorde entre les deux personnalités. Tout serait parti d’une volonté ouvertement exprimée par de jeunes entrepreneurs de voir Johannes Dagnon succéder à Patrice Talon en 2026. Cette intention exprimée en présence du chef de l’État a fini par agacer ce dernier. De même, certains proches du président Patrice Talon ont fait une déclaration le samedi 23 mars dernier pour exprimer leur indignation de voir leur image frauduleusement exploitée dans le cadre d’une activité pour laquelle ils ont été invités et au cours de laquelle la candidature de Johannes Dagnon a été équipée.

La situation a atteint un point critique, souligne le média panafricain lorsque les trois signataires de cette déclaration ont ensuite rencontré en privé l’ancien conseiller spécial du chef de l’État, à l’exception de Patrice Talon. Le président Talon a été fortement mécontent de cette initiative, reprochant à Dagnon son manque de loyauté et ses liens avec d’anciens collaborateurs. Ces différents éléments ont fini par entacher la relation de confiance qui lie les deux hommes. Patrice Talon a alors pris ses responsabilités en se séparant de son cousin, rapporte le média. En conclusion et de référant aux diverses analyses, le Chef de l’État ne compte accorder un traitement de faveur à toutes les personnes qui voudraient faire échouer ses réformes. C’est pour cette même raison que l’ancien ministre des sports Oswald Homeky aurait été invité à déposer le tablier quand il a publiquement exprimé son intention de voir Olivier Boko remplacé Patrice Talon en 2026. C’est donc pour protéger ses réformes chèrement acquises que Patrice Talon s’est tout simplement passé des services de son cousin. Donc, Patrice Talon n’a pas peur de laisser la Marina en 2026, mais il souhaite plutôt laisser les rênes à l’élite issue d’une classe politique organisée, fruit de la réforme du système partisan qu’il a réussi à imposer au Bénin.

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