Alors que le Bénin se dirige vers les élections générales de 2026, l’ancien ministre Valentin DJENONTIN tire la sonnette d’alarme dans une récente tribune publiée sur sa page Facebook. Mettant en cause le cadre législatif et le climat politique actuel, DJENONTIN voit dans ce silence politique ambiant un présage de crises à venir. Mais ses avertissements sont-ils le reflet d’un véritable danger ou une mise en garde prophétique contre un avenir chaotique ?
Dans sa publication du 14 octobre 2024, Valentin DJENONTIN dépeint un Bénin où règne la peur. À un an de la date limite de dépôt des candidatures pour la présidentielle de 2026, aucun candidat ne s’est encore officiellement manifesté. Contrairement à la tradition béninoise des années 1991-2016, où les ambitions présidentielles étaient souvent annoncées longtemps à l’avance, la scène politique actuelle est marquée par un silence lourd de conséquences. Selon lui, ce silence est « imposé par la terreur et la médiocrité des lois électorales crisogènes et explosives » et « ne présage pas d’un avenir calme sans crises sociales au Bénin ». Pour DJENONTIN, cette inertie trouve ses racines dans la soumission des partis politiques, notamment ceux de l’opposition. « Les partis d’opposition marchent comme sur des œufs et manquent d’audace pour s’affirmer », déclare-t-il, suggérant ainsi que le climat politique actuel étouffe toute velléité d’expression libre et démocratique.
Au cœur des inquiétudes de l’ancien ministre se trouvent les récentes réformes électorales, notamment l’article 40 de la Loi N°2024-13, qui modifie le code électoral en vigueur. DJENONTIN accuse ces réformes de restreindre les libertés politiques et d’être une bombe à retardement pour 2026. Il rappelle que ces lois « sont contestées et rejetées par l’ensemble des forces vives de la Nation béninoise », mais qu’elles ont été imposées par le gouvernement en place. Pour lui, cette législation électorale, en plus de verrouiller l’expression politique, constitue une véritable source de crise potentielle. « Les lois électorales actuelles sont une source potentielle de crises politiques pour 2026 », affirme-t-il, soulignant que les réformes de 2019 et 2024 portent en elles les germes d’une instabilité sociopolitique.
Valentin DJENONTIN ne se contente pas de peindre un tableau sombre du climat politique actuel, il avertit également des conséquences potentiellement désastreuses si rien n’est fait. Il met en garde contre une répétition des événements tragiques des élections passées sous le régime de la « rupture », en référence aux violences électorales de 2019 et 2021. Il se remémore ces périodes en soulignant les pertes humaines : « Nous connaissons les résultats des élections passées sous le régime de la rupture avec des dizaines de morts, de prisonniers et exilés politiques, de veufs, de veuves, d’orphelins, de déscolarisés, de chômeurs, etc. » Selon DJENONTIN, la situation actuelle est le résultat direct de la gouvernance de Patrice TALON, qu’il accuse de maintenir un climat tendu et de diviser le pays depuis son accession au pouvoir en 2016. Il estime que « le Bénin court de gros risques sociaux, sécuritaires et humanitaires » à l’approche des élections de 2026, si une réaction appropriée n’est pas rapidement engagée. La situation tendue dans la sous-région, marquée par des crises politiques et des coups d’État en Afrique de l’Ouest, renforce ses craintes. Pour DJENONTIN, le contexte sous-régional pourrait avoir un impact désastreux sur le Bénin. « Les élections générales qui doivent se tenir dans moins de 15 mois vont se dérouler dans un environnement politique sous-régional très hostile, menaçant et grave », affirme-t-il, appelant à la vigilance face aux menaces extérieures.
Malgré l’ombre de la crise qui plane sur le pays, DJENONTIN lance un appel pressant à l’unité et à l’action collective. Il exhorte chaque citoyen, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, à s’impliquer pour préserver la paix et la stabilité. « Chaque béninois, sans crainte de représailles doit pouvoir prendre position et œuvrer pour la paix, la cohésion sociale, le développement et l’épanouissement de tous dans le pays », clame-t-il avec insistance. DJENONTIN insiste également sur l’importance de la mobilisation des leaders politiques, des institutions et même des sages du pays, pour conjurer les dangers qui menacent la cohésion nationale. « Le Chef de l’Etat Patrice TALON, les anciens présidents de la République, les présidents des institutions, le haut commandement militaire, tous les corps constitués, les sages, les intellectuels doivent se donner la main pour définitivement conjurer les démons de la division », déclare-t-il, tout en insistant sur la nécessité d’éviter que la situation actuelle ne dégénère en conflit ouvert.
Le cri d’alarme de Valentin DJENONTIN ne doit donc pas être pris à la légère. Prophétie de mauvais augure ou simple constat réaliste, il invite à une introspection collective et à une prise de responsabilité. Alors que les échéances électorales approchent à grands pas, la classe politique béninoise, tout comme ses citoyens, sont face à un défi : celui de protéger l’avenir d’une démocratie encore fragile. Le temps presse, et comme le souligne DJENONTIN, « aucun sacrifice ne serait de trop » pour éviter que le Bénin ne tombe dans une crise irréversible.
En prophétisant un avenir trouble pour les élections présidentielles de 2026, Valentin DJENONTIN espère éveiller les consciences et éviter un scénario catastrophique. Si ses prédictions peuvent sembler alarmistes, elles posent une question cruciale : le Bénin est-il prêt à affronter les défis politiques, sociaux et sécuritaires qui l’attendent ? À un an des échéances électorales, le temps est compté pour faire les bons choix et éviter que ce mauvais présage ne devienne réalité
Jean Pierre ABALLO
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