MON BRÛLOT : La paix, ce bien national que nous devons protéger avant tout

Il existe des périodes dans la vie d’un pays où la paix cesse d’être un simple mot pour devenir une exigence collective. Ce n’est plus un concept abstrait, encore moins un luxe réservé aux temps calmes. C’est un impératif. Un socle. Une nécessité vitale pour la nation tout entière.

Le Bénin traverse aujourd’hui un moment où chacun ressent, à sa manière, le besoin d’unité et de sérénité. Dans les rues, dans les marchés, dans les familles, dans les conversations discrètes, une même aspiration revient : préserver la paix. Non pas une paix passive ou décorative, mais cette paix solide, enracinée, construite, qui permet à un pays de continuer à avancer même lorsque tout semble incertain.

La paix n’appartient à personne. Ni à ceux qui gouvernent, ni à ceux qui contestent, ni à ceux qui observent. Elle n’est pas l’héritage d’un groupe, mais la responsabilité de tous. C’est ce qui en fait un bien si fragile : il suffit que l’un se relâche pour que l’ensemble vacille. Dans un contexte où les émotions peuvent vite prendre le dessus, où les rumeurs circulent plus vite que les faits, où les tensions montent plus rapidement qu’elles ne s’apaisent, la première maturité d’un peuple est de se souvenir que la paix ne se défend pas seulement dans les grandes déclarations, mais dans les comportements du quotidien.

La paix se construit par la retenue dans nos mots.
Par la prudence dans nos partages.
Par la lucidité dans nos analyses.
Par la responsabilité dans nos attitudes.

Elle se construit aussi par la confiance dans les institutions, par la préservation du dialogue social, par le refus de céder aux discours extrêmes. Dans une démocratie, la pluralité des opinions est normale. La divergence est légitime. La contradiction même, nécessaire. Mais la fracture, elle, n’est jamais productive.

Il revient aux leaders – politiques, sociaux, religieux, communautaires de peser chacun de leurs mots. De mesurer la portée de leurs gestes. De privilégier l’apaisement à l’escalade. Mais il revient tout autant à chaque citoyen de s’inscrire dans cette logique de responsabilité. La paix n’est pas un ordre venu d’en haut : c’est une attitude qui prend racine dans le bas, dans le terrain, dans la rue, dans les foyers, là où les tensions se construisent… ou s’éteignent.

L’histoire rappelle que les nations qui ont su traverser les périodes sensibles sont celles qui ont fait le choix conscient de l’unité, même au cœur de la tourmente. Le Bénin a toujours été ce pays-là : un pays de dialogue, de compromis, de pondération. Un pays où l’on parle avant de casser, où l’on réfléchit avant de s’embraser. C’est cette identité-là qu’il faut préserver.

La paix n’efface pas les défis. Elle n’efface pas les débats. Elle n’efface pas les frustrations. Mais elle crée un espace où ces défis peuvent être affrontés, où ces débats peuvent être menés, où ces frustrations peuvent être entendues sans que le ciment national ne se fissure.

Protéger la paix, ce n’est pas étouffer les voix. C’est éviter que les voix n’étouffent la nation.

Dans les jours qui viennent, les semaines qui viennent, les mois qui viennent, un seul réflexe devrait guider chacun : la paix d’abord. Non par peur, mais par sens du devoir. Non par faiblesse, mais par lucidité. Car un pays peut tout reconstruire sauf ce qu’il perd lorsque la paix disparaît.

Patrice BIAOU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page