A la suite de l’inauguration de la 2e maison africaine de l’enfant albinos le samedi 16 novembre 2024, Alimatou Badarou a été reçue sur l’émission Actu Matin ce lundi 25 novembre 2024. Coordonnatrice nationale de l’Organisation des Femmes du Bénin (OFB) et représentante de la Fondation Pauline Albinos, c’était une fois encore l’occasion pour elle d’aborder la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des albinos, portée par l’OFB et la Fondation Pauline Albinos dont elle est à l’avant-garde. Faisant ainsi, elle fait appel à toute bonne volonté pour soutenir cette noble cause.
José Pascaël AGBO
Le lundi 25 novembre 2024, Alimatou Badarou était l’invitée de l’émission Actu Matin de Canal 3 Bénin. Représentante de la Fondation Pauline Albinos et coordonnatrice nationale de l’Organisation des Femmes du Bénin (OFB), elle a profité de cette tribune pour rappeler l’urgence d’agir en faveur des personnes atteintes d’albinisme. « L’OFB a comme objectif principal la protection des intérêts des femmes. Et vous savez que la femme est la mère de l’enfant, et donc de l’enfant albinos aussi. Les intérêts de l’enfant sont les intérêts de la mère, et donc les intérêts de l’OFB », a-t-elle souligné.
Elle a expliqué les motivations de l’OFB à travers son partenariat avec la Fondation Pauline Albinos, qui a déjà créé une Maison de l’Enfant Albinos à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Ce centre abrite 130 enfants de 0 à 10 ans, leur offrant protection et accompagnement face au rejet social. Au Bénin, la création d’une deuxième maison africaine de l’enfant albinos répond à une situation critique. Alimatou Badarou a évoqué le rejet dont sont victimes ces enfants, souvent issus de familles défavorisées, ainsi que leur exclusion systématique. « Cette maison est créée pour leur dire que désormais, il y a un regard d’amour pour vous, on sait que vous existez et on va se battre pour qu’il y ait désormais une meilleure prise en charge », a-t-elle assuré. Elle a également mis l’accent sur les besoins urgents de cette communauté : crèmes solaires, lunettes spécifiques, soutien médical, et surtout reconnaissance légale de leurs droits. « Nous avons constaté que c’est seulement la Guinée qui a voté une loi contre la discrimination faite aux personnes atteintes d’albinisme. Notre souhait est que le Bénin puisse aussi mettre en place des lois pour les protéger », a-t-elle plaidé.
Quelques jours avant cette intervention médiatique, le samedi 16 novembre 2024, Alimatou Badarou inaugurait la 2e Maison Africaine de l’Enfant Albinos à Cotonou, dans le quartier Sènandé. Ce projet est le fruit de l’engagement de l’OFB, en collaboration avec la Fondation Pauline Albinos, et s’inscrit dans une campagne de sensibilisation contre la stigmatisation. La cérémonie, placée sous le thème « Stop à la stigmatisation », a vu la participation de nombreuses personnalités, dont le maire de Cotonou, Luc Atrokpo. L’objectif est clair : offrir un espace de protection et de développement aux enfants albinos et rappeler que leur dignité humaine ne doit jamais être compromise. « Cette maison qui sera un modèle de protection des soins et de développement pour nos enfants est le fil d’une vision et d’une action concrète », a déclaré Alimatou Badarou. Elle a dénoncé les multiples obstacles auxquels font face ces enfants : exclusion sociale, accès limité à l’éducation, et discriminations diverses. « Aujourd’hui avec l’ouverture de cette maison, nous affirmons haut et fort que l’albinisme ne doit pas être un obstacle à la dignité humaine. Nous affirmons que chaque enfant, qu’il soit albinos ou non, mérite un avenir lumineux », a-t-elle ajouté.
En marge de l’inauguration, une campagne de sensibilisation a été lancée et se poursuivra jusqu’au 16 décembre 2024. Cette initiative vise à identifier les enfants albinos en grande vulnérabilité, leur offrir des soins, et les enregistrer auprès des structures sociales compétentes. Pour Alimatou Badarou, cette maison n’est pas qu’un refuge pour les enfants de 0 à 10 ans. Elle se veut aussi un lieu d’écoute pour les adultes albinos, souvent marginalisés sur le plan professionnel. Elle appelle les autorités à agir : « Je voudrais que le gouvernement nous aide vraiment à les recenser. Nous avons commencé pour cette campagne qui a été lancée du 10 novembre au 16 décembre, parce que l’objectif pour nous c’est de pouvoir prendre la journée du 10 novembre comme la journée de l’enfant albinos africain. » Elle a également interpellé les bonnes volontés et les professionnels de la santé à contribuer : « Même les médecins, les ophtalmologues, s’ils ont des verres fumés, les bonnes âmes qui veulent bien aider ces personnes vulnérables, nous les sollicitons. »
L’initiative menée par Alimatou Badarou témoigne d’une volonté ferme de défendre les droits des albinos au Bénin. Avec l’OFB et la Fondation Pauline Albinos, elle appelle à un engagement collectif pour bâtir un avenir où ces enfants ne seront plus regardés comme des fétiches, mais comme des êtres humains porteurs d’espoir et de dignité. Chaque soutien compte pour faire avancer cette noble cause. Et grâce à cette mobilisation, les enfants albinos du Bénin peuvent entrevoir un avenir plus inclusif et prometteur.
![]()