L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) a mis fin à tout espoir de collaboration avec le cadre de concertation de l’opposition concernant l’audit du fichier électoral. Ce lundi 25 novembre, après une rencontre avec la délégation de l’opposition, le parti dirigé par Joseph Djogbénou a fermement rejeté l’idée d’une initiative conjointe. Le communiqué publié quelques heures plus tard annonce clairement la position de l’UPR : une opposition catégorique à toute remise en question du dispositif électoral en place.
Hier lundi 25 Novembre 2025, le siège de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) à Cotonou a accueilli une délégation du cadre de concertation de l’opposition, conduite par Eugène Azatassou. L’objectif de la rencontre était de discuter de l’audit du fichier électoral en vue des élections de 2024. L’opposition, à travers cette initiative, souhaitait faire entendre sa volonté de garantir un processus électoral transparent et équitable pour tous. Eugène Azatassou a souligné que cet audit vise à « s’assurer que chaque citoyen béninois en âge de voter puisse librement et en toute confiance exercer ce droit ».
Le secrétaire général adjoint de l’UPR, David Houinsa, a salué l’approche démocratique de l’opposition, évoquant un « signal fort pour une démocratie participative et transparente ». Cependant, la réception de cette démarche ne se sera pas transformée en alliance. En effet, quelques heures après cet échange, l’UPR a publié un communiqué formel, dans lequel elle exprime son refus catégorique de s’associer à l’initiative de l’opposition.
Dans ce communiqué signé par Gérard Gbenonchi, le parti de Joseph Djogbénou a souligné que la démarche de l’opposition portait atteinte à la légitimité du système électoral béninois. L’UPR rappelle que le concept de « fichier électoral » a été abrogé par la législation en vigueur, et que c’est désormais le Registre National, géré par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), qui sert de référence pour l’établissement de la Liste Électorale Informatisée (LEI).
L’UPR va plus loin en s’opposant à la proposition de création d’un Comité Politique d’Encadrement (CPE), soulignant que l’ANIP, en tant qu’organisme technique, est déjà régie par un cadre législatif précis. Selon le parti, l’audit proposé par l’opposition n’a aucune légitimité, car il se base sur une remise en cause du dispositif électoral qu’elle a elle-même soutenu et défendu. L’UPR a insisté : « L’UPR manquerait à sa responsabilité politique et affecterait celle de l’opposition si elle s’associait à une initiative fondée sur un manque de confiance dans le dispositif électoral qu’elle a politiquement défendu ».
L’UPR reste fidèle à son engagement en faveur de la démocratie, mais souligne que tout processus de révision ou d’audit doit se faire dans le respect strict du cadre légal. Le communiqué précise que l’UPR est prête à soutenir des initiatives en faveur de la transparence des élections, mais uniquement si celles-ci respectent les lois du pays et les structures en place.
Ainsi, l’Union Progressiste le Renouveau refuse de se laisser entraîner dans une dynamique qu’elle considère comme incompatible avec la légalité. Pour le parti de Joseph Djogbénou, la confiance dans le système électoral doit se construire sur les bases solides déjà établies, et non sur des propositions qui risquent d’affaiblir ce même système.
En rejetant l’audit du fichier électoral proposé par l’opposition, l’UPR envoie un message clair : toute initiative de révision du dispositif électoral devra se conformer aux règles établies. Si l’opposition persiste dans sa volonté de remettre en question le système en place, le terrain politique pourrait devenir de plus en plus miné. Le bras de fer sur la question électorale ne fait que commencer, et il pourrait marquer les élections de 2026 d’un sceau d’incertitude.
Jean Pierre ABALLO
![]()