À une semaine de la rentrée scolaire, l’heure est à la dernière ligne droite dans les établissements du Bénin. Depuis le lundi 8 septembre, la pré-rentrée bat son plein avec pour objectif de garantir un démarrage effectif des cours dès le 15 septembre.
Dans la majorité des écoles, tout semble fin prêt. Les enseignants disposent de leurs emplois du temps, les programmes sont disponibles, et les directions affinent les derniers réglages organisationnels. Officiellement, rien ne devrait empêcher une reprise effective des cours dans la discipline et la sérénité.
À l’École primaire publique Kpérou, située dans la circonscription scolaire de Bembèrèkè, arrondissement d’Ina, le directeur Houangni Grégoire se veut rassurant :
« Tout est déjà prêt pour accueillir les apprenants. Les enseignants ont reçu leur programme, et les classes sont prêtes. J’invite surtout les parents à inscrire leurs enfants dès maintenant afin d’éviter l’affluence du premier jour », a-t-il confié.
Mais pendant que les écoles affichent leur disponibilité, le véritable casse-tête se vit du côté des parents, notamment à Parakou. Nafissatou, vendeuse au marché Arzèkè et mère de deux enfants, avoue sa préoccupation :
« Les fournitures sont devenues trop chères cette année. J’ai déjà acheté les cahiers, mais pour les uniformes et les livres, je cherche encore les moyens. »
Même son de cloche chez Alidou, conducteur de taxi-moto :
« L’école reprend dans quelques jours, mais je n’ai pas encore fini de réunir l’argent. Mes enfants risquent de commencer les cours sans toutes leurs fournitures. »
Pour Aminatou, couturière dans le quartier Zongo, le stress est palpable :
« Beaucoup de parents viennent en retard pour commander les uniformes. Moi-même je n’ai pas encore fini ceux de mes enfants. C’est difficile de tout gérer à la fois. »
Du côté du corps enseignant, les attentes sont fortes. « Si les parents anticipent, nous pourrons démarrer les cours dès le premier jour », plaide un instituteur de Parakou, pour qui la réussite de la rentrée repose sur la synergie entre école, famille et autorités.
En somme, la pré-rentrée 2025 se présente sous le signe de la préparation et du défi partagé. Les écoles rassurent, les enseignants s’organisent, mais les parents s’interrogent encore : auront-ils les moyens de tenir le pari d’une rentrée réussie pour leurs enfants ?
Patrice BIAOU
