PRÉSIDENTIELLE 2026 : Korogoné dénonce dix années de difficultés et alerte sur un code électoral verrouillé

À l’approche de la présidentielle de 2026, les débats s’intensifient autour de la désignation de Romuald Wadagni. Interrogé, Sabi Sira Korogoné, jeune opposant et ancien président fondateur du MPL, a tenu à lever toute équivoque : « Je n’ai absolument rien contre Wadagni. C’est un homme de ma génération, et par principe je ne m’en prends pas aux jeunes de ma génération. Le problème n’est pas lui, le problème c’est le système qu’on veut lui faire incarner. »

Derrière ce constat, Korogoné braque ses critiques sur les dix années de gouvernance de Patrice Talon. « Le peuple béninois a traversé une décennie de difficultés. La jeunesse n’a pas vu ses conditions s’améliorer. Changer d’homme sans changer de système ne résout rien », lâche-t-il.

Au cœur de ses inquiétudes : le code électoral. Pour lui, ce texte n’est rien d’autre qu’un piège. « Dans l’état actuel, aucun autre parti ne peut siéger à l’Assemblée nationale en dehors des deux formations siamoises du pouvoir. On court droit vers un parlement monocolore, et donc vers une impasse politique et institutionnelle », alerte-t-il.

Il accuse certains acteurs de l’opposition de naïveté. « Ils pensent qu’ils pourront obtenir 20 % partout et s’en sortir. Mais quand ils seront confrontés à la réalité des chiffres, il sera trop tard », prévient-il.

Face à ce qu’il qualifie de « mascarade électorale », Korogoné annonce sa ligne de conduite : « Nous allons engager une lutte pour que le code électoral soit dépoussiéré et remis aux normes. Il faut que notre démocratie revive, que le peuple retrouve sa liberté de choisir. Tant que cela n’est pas fait, aller aux élections, c’est cautionner l’imposture. »

Un message qu’il adresse autant au pouvoir qu’à l’opposition : « Les leaders politiques doivent redescendre sur terre. Ceux qui ferment les yeux aujourd’hui se retrouveront demain piégés par le système qu’ils cautionnent. On ne peut pas encadrer par décret le droit le plus absolu du peuple : celui de choisir son dirigeant. »

Patrice BIAOU

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page