Le dossier d’Olivier Boko, en instruction devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), fait l’objet d’un traitement intensif et inhabituel. Lors d’une conférence de presse tenue le 20 décembre 2024, Me Paul Kato Atita, avocat au barreau du Bénin, a dénoncé la cadence accélérée de la procédure, soulevant des interrogations sur l’autonomie et la neutralité de la cour.
Selon Me Atita, l’instruction préparatoire de l’affaire Olivier Boko avance à un rythme anormalement rapide. Les audiences quasi quotidiennes consacrées à ce dossier créent un contraste frappant avec le traitement réservé aux autres affaires de la CRIET. « Les hommes politiques, un procès comme ça n’échappe pas à une influence politique », a-t-il affirmé, suggérant que des pressions extérieures pourraient influencer les décisions de la cour. La semaine dernière, une exception d’exceptionnalité soulevée par la défense a conduit la CRIET à prononcer un sursis à statuer et à renvoyer le dossier à la Cour constitutionnelle. Mais cette pause n’a pas freiné l’élan de la cour, qui a immédiatement repris ses audiences après le rejet de l’exception par la Cour constitutionnelle.
Le rythme effréné imposé par la CRIET met en difficulté la défense d’Olivier Boko, selon Me Atita. Il a évoqué la complexité de préparer un dossier aussi volumineux et sensible dans ces conditions. « Ce rythme déstabilise la défense », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de disposer de temps suffisant pour assurer une défense équitable. Le 19 décembre, la situation s’est encore complexifiée lorsque les avocats ont été convoqués simultanément par la CRIET et la Cour constitutionnelle, créant une situation délicate et confuse.
Pour Me Atita, les anomalies relevées dans la gestion de cette affaire posent question sur l’autonomie de la CRIET face aux éventuelles influences politiques. Il a cependant exprimé l’espoir que la cour reconsidère la cadence des audiences pour garantir une procédure équitable. Alors que le dossier Boko reste au centre de l’attention, les interrogations soulevées par la défense pourraient bien nourrir un débat plus large sur l’indépendance des institutions judiciaires au Bénin.
Jean Pierre ABALLO
