PROCÈS AFFAIRE TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT : Y a-t-il encore d’espoir pour Boko et Homéky ?

Alors que le procès mondialement suivi des deux ex collaborateurs de Patrice Talon, Olivier Boko et Oswald Homéky, entre dans une phase décisive, la situation des prévenus semble de plus en plus précaire. Sans avocats pour assurer leur défense et face à des charges lourdes, la justice pourrait bien sceller leur sort sans contrepoids. Mais reste-t-il une possibilité de revirement en leur faveur ? L’issue du procès est-elle déjà écrite ? Analyse d’un dossier explosif.

Le procès de l’affaire de la supposée tentative de coup d’État contre Patrice Talon s’achemine vers une conclusion qui s’annonce lourde de conséquences pour les principaux accusés. Olivier Boko, homme d’affaires influent, et Oswald Homéky, ancien ministre des Sports, sont au cœur d’un dossier où se mêlent accusations de complot contre l’État, corruption et financement occulte. Depuis son ouverture, cette affaire suscite de nombreuses interrogations : les mis en cause ont-ils encore une chance d’échapper à une condamnation ?

L’un des éléments les plus troublants de ce procès est l’absence d’avocats pour les principaux accusés. Dès la première audience, les avocats de la défense s’étaient retirés en protestation contre la composition de la Cour. Depuis, Olivier Boko et Oswald Homéky n’ont pas réussi à se constituer de nouveaux conseils. A plusieurs reprises le procès avait été reporté avant qu’un délai de 5 jours leur ait été accordé. Mais prétextant de mauvaises conditions de détention, les accusés n’ont pas pu se constituer de nouveaux avocats. Malgré leurs demandes pour obtenir plus de temps, la Cour a décidé de poursuivre les débats voyant une méthode pour geler le procès. Les prévenus ont jusqu’ici refusé de témoigner en l’absence de leurs avocats. En revanche, plusieurs témoins, dont des responsables d’entreprises et des agents financiers, ont été entendus à la barre. Leurs dépositions ont apporté des éléments sur des transactions suspectes, notamment des mouvements de fonds en lien avec le mouvement OB26 et des assurances souscrites au profit d’un officier de la garde républicaine.

Parmi les éléments évoqués au cours des débats figurent des transactions financières et des mouvements de fonds jugés suspects. Selon les procès-verbaux d’audition, 1,5 milliard de FCFA ont été retrouvés au domicile d’Oswald Homéky, somme qu’il a justifiée comme étant destinée aux activités du mouvement OB26. Pourtant, ce n’est la même version des faits qu’on lit du côté d’Olivier Boko, où les fonds auraient été mobilisés pour d’autres fins. Pourtant des témoignages ont évoqué des transferts de fonds, ainsi qu’une assurance contractée au profit d’un officier de la garde républicaine et bien d’autres faits troublants. L’avocat de l’État béninois a donc demandé à la Cour de retenir Olivier Boko et Rock Niéri pour complot contre l’autorité de l’État, corruption et blanchiment de capitaux. En plus des peines encourues, il réclame une somme de 77 milliards FCFA pour préjudice, ainsi que la saisie de leurs biens. Oswald Homéky est également poursuivi pour ces chefs d’accusation, avec en plus l’usage de faux. Et si le procès se poursuit dans ces conditions, les chances d’acquittement sont minces. Leur seul espoir réside dans un retournement de situation, que ce soit par l’intervention d’avocats de dernière minute ou par la découverte d’éléments à décharge. Mais face à une justice qui semble déterminée à aller jusqu’au bout, Boko et Homéky risquent d’être les grands perdants de cette affaire.

Alors que l’audience reprend ce jour, plusieurs scénarios restent possibles. Malgré l’absence de défense, la procédure suit son cours avec l’examen des faits et des témoignages. Les décisions de la Cour, les éventuelles nouvelles révélations et les réquisitions du ministère public seront déterminants pour la suite. La question reste entière : Olivier Boko et Oswald Homéky peuvent-ils encore espérer une issue favorable à leur situation judiciaire ?

José Pascaël AGBO

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