Les autorités togolaises ont enfin réagi dans l’affaire Steve Amoussou. Dans un communiqué rendu public ce dimanche 25 août 2025, le procureur de la République du Togo Talaka Mawama taxe l’acte d’ « enlèvement » de Steve Amoussou comme étant une « violation flagrante du droit international et des règles en matière de coopération internationale ». Une situation qui pourrait bien précipiter le Bénin dans une nouvelle crise diplomatique, après celles qui l’ont déjà opposé au Niger et au Burkina Faso.
Pour les autorités togolaises, c’est clair : il s’agit d’un « enlèvement ». Le manège par lequel Steve Amoussou s’est retrouvé au Bénin et dans les mains des autorités judiciaires, ne s’est pas déroulé dans les règles de l’art. Dans un communiqué signé par le procureur de la république du Togo, Talaka Mawama et rendu public ce dimanche 25 août 2024 sur la chaîne Nationale Togolaise, l’autorité pénale togolaise martèle que « Le lundi 12 août 2024 aux environs de 21 H, M. Steve Amoussou, de nationalité béninoise a été enlevé à Lomé dans le quartier Adjidogomey et conduit vers une destination inconnue par des individus non-identifiés ». Un acte est non seulement, taxé de « rapt » mais aussi de « violation flagrante du droit international et des règles en matière de coopération internationale ».
Une enquête aurait été alors diligentée pour comprendre les circonstances exactes de cet acte et aurait permis d’appréhender deux personnes impliquées dans cet enlèvement. Ces deux personnes dont une Béninoise et un jeune Togolais, vivant tous en terre togolaise auraient aidé les ravisseurs dans leur opération. Par la suite, trois des prétendus quatre ravisseurs ont été nommément identifiés et cités dans le communiqué. Tous béninois et pour certains, des figures de proue de l’administration béninoise, un mandat d’arrêt international aurait été émis par le Togo à leur encontre et leurs fiches transmises à l’Interpol.
À ce stade, puisque Steve Hounvi s’est finalement retrouvé dans les mains des autorités judiciaires béninoises et que celles togolaises arguent une « violation flagrante du droit international et des règles en matière de coopération internationale » dans cette opération, une véritable préoccupation submerge. Le Bénin ne l’enlise-t-il pas encore dans une nouvelle crise diplomatique ? Après les épisodes mouvementés avec le Niger et les échanges virulents avec le Burkina-Faso, le Bénin ne s’attire-t-il pas à nouveau des embrouilles avec ses voisins ? Qu’auraient à répondre les autorités béninoises face aux mesures prises par le Togo ?
Puisque le lourd silence qui régnait dans le camp des autorités des deux pays, depuis l’enlèvement de Steve Amoussou, a été finalement rompu par les autorités togolaises. On espère que les autorités béninoises feront de même et trouveront des voies et moyens pour ce cette situation ne débouche sur une nouvelle crise qui corrompt d’une manière ou d’une autre la réputation du Bénin, qui semble incessamment avoir de problèmes avec tout le monde.
L’évolution de cette situation sera scrutée de près, tant par les acteurs politiques que par les observateurs internationaux, car elle pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre le Bénin et ses partenaires régionaux.
José Pascaël AGBO (Correspondant Atl-Littoral)
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