• ( Parakou, Abomey-Calavi et autres villes ont sacrifié à la tradition)
La communauté musulmane du Bénin a célébré la fête de Tabaski encore appelée Aïd El Kebir ce 16 juin 2024, dans un esprit de fraternité et de partage. Cet événement marquant a réuni les fidèles sur plusieurs places Idi par un moment de prière et de convivialité, renforçant les liens au sein de la communauté.
A Parakou, la communauté musulmane n’est pas restée en marge de cette célébration. Pour l’occasion, tous les fidèles musulmans sont sortis massivement, chacun dans ses plus beaux vêtements, pour se rendre sur les différentes places dédiées à accueillir la prière spéciale de cette journée, la prière de l’Aïd El-Kébir. À la place Idi de Banikanni, une grande foule s’est rassemblée, y compris le délégué du quartier Banikanni, Dorogui Akim, représentant du chef du 2ème arrondissement de Parakou, ainsi que ses conseillers. Chaque année, la prière de l’Aïd el-Kébir est placée sous un signe particulier, et cette année, elle a été placée sous le signe de la crainte de Dieu. Débutée à 9h30, cette prière s’est déroulée, comme à l’accoutumée, en trois parties : la Nafila (prière), le Outouba (sermon) et l’immolation du mouton. Elle a été dirigée par Kassimou Moutawakilou, imam de la mosquée de Banikanni. Durant le sermon qui a précédé l’immolation du mouton, l’imam a insisté sur la foi que tout bon musulman doit avoir afin de s’attirer les grâces et les bénédictions divines. Il a donc invité toute la communauté musulmane à faire preuve de bonne foi, à cultiver l’amour, la paix et la solidarité autour d’eux. À la fin de la prière et du sermon, il a procédé à l’immolation du mouton. Avant cela, il a tenu à rappeler que le mouton doit être divisé en trois parties : une partie pour les amis, la deuxième pour la famille et la troisième pour la maison.
Même ambiance au niveau de la place Idi de Zongo. L’imam Mohamed Awali Issa, du premier arrondissement de Parakou, a souligné l’importance de l’immolation des bêtes lors de la fête de la Tabaski à la place Idi de Zongo 2. Selon lui, le prophète Muhammad (saw) a déclaré que l’acte le plus méritoire en ce jour était d’immoler une bête. De plus, le nombre de bénédictions reçues correspond au nombre de poils de la bête sacrifiée. Cependant, l’imam précise que le sacrifice est un acte surérogatoire et non obligatoire.
A Tokan dans la commune d’Abomey-Calavi, dès les premières heures de la matinée, les fidèles de cette localité et des environs se sont rassemblés à la place Idi pour accomplir la prière collective de la Tabaski. Après la prière, l’Imam de la mosquée centrale de Tokan a adressé une exhortation à la communauté, soulignant l’importance de cette journée non seulement comme une fête religieuse, mais aussi comme une occasion de renforcer les liens de fraternité et de partage. Une exhortation face à laquelle, son vice-Imam n’a pas manqué de partager avec notre équipe. « Ce jour, c’est un jour de fête et de joie. C’est le jour où nous allons tisser les liens de fraternité et jour de partage. C’est le jour où également, nous allons nous pardonner afin que nous soyons un et indivisible, » a déclaré l’Imam El Hadji Abdoul Djalil Touré, le vice-Imam de la mosquée centrale de Tokan et Imam de la mosquée centrale de la Cité Tranquille (Abomey-Calavi).
ElHadji Abdoul Djalil Touré a également insisté sur le caractère sacré de la Tabaski en Islam, rappelant que cette célébration est avant tout une adoration. Il a exhorté les fidèles à ne pas laisser la joie de la fête les conduire à transgresser les préceptes divins. « Il ne faut pas que cette réjouissance et cette joie nous amènent à transgresser les limites sacrées de Dieu, » a-t-il affirmé avec conviction. Cette perspective est d’ailleurs partagée par les membres de la communauté même. Pour El Hadj Abdul Salami Issahou, la fête de la Tabaski doit se vivre dans le respect des valeurs islamiques. « C’est vrai la Tabaski est une réjouissance mais il ne faut pas dépasser les limites sacrées de Dieu. Ce n’est donc pas une occasion pour prendre des boissons alcoolisées, de vandaliser ou se rendre dans les boîtes de nuit… Que ce soit avant ou après la fête, c’est interdit. C’est plutôt le moment de veiller à avoir la crainte de Dieu comme le Prophète Ibrahim, » a-t-il souligné.
La Rédaction
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