Le Bénin est en phase de franchir une étape décisive dans la gestion carcérale. Avec un décret adopté le 22 janvier 2025, le gouvernement veut faire du travail en prison un outil clé de réinsertion. Cette initiative, qui mêle formation et production, ambitionne de transformer les détenus en citoyens actifs et autonomes. Une réforme audacieuse qui pourrait redéfinir les standards de la réhabilitation pénitentiaire.
Le gouvernement béninois, fidèle à son ambition de moderniser la gestion des établissements pénitentiaires, a adopté un décret innovant le 22 janvier 2025. Désormais, le travail en prison devient obligatoire pour les détenus condamnés. Cette mesure, inscrite dans le code de procédure pénale, répond à deux objectifs : occuper les détenus de manière productive et les préparer à une réinsertion efficace après leur libération. Les autorités veulent faire des prisons des lieux de transformation. Ce décret prévoit des activités dans des domaines variés : agriculture, artisanat, services. Les détenus pourront acquérir des compétences pratiques et utiles. Ces formations leur permettront de s’intégrer facilement dans la société. Mais le travail des détenus ne serait pas gratuit, car le décret prévoit une rémunération. Celle-ci respecte des normes de sécurité et de dignité, tout en intégrant les obligations spécifiques au milieu carcéral.
Ce décret s’appuie sur des initiatives antérieures. L’Agence Pénitentiaire du Bénin (APB) avait déjà jeté les bases d’un cadre concerté pour la réinsertion des détenus. Dès 2023, des discussions réunissant divers acteurs avaient validé un plan ambitieux de réinsertion. Cette continuité montre une volonté politique ferme de repenser les prisons. Avec ce décret, le Bénin s’érige en modèle régional en matière de réforme carcérale. Il ne s’agit pas seulement d’emprisonner, mais de reconstruire. Cette approche, inspirée des meilleures pratiques internationales, pourrait inspirer d’autres pays africains.
Réhabiliter, c’est prévenir. En transformant ses prisons en écoles de la seconde chance, le Bénin fait le pari d’un avenir où chaque détenu libéré devient un acteur du développement. Une vision qui, bien menée, pourrait redonner un nouveau sens à la justice sociale.
José Pascaël AGBO
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