La communauté Peulh de « Gah Bééri », située au cœur de l’arrondissement de Kolokondé, dans la commune de Djougou, vit une tragédie silencieuse. Privés d’accès à l’eau potable, ces habitants sont contraints de subsister grâce à une eau insalubre, mettant en péril leur santé et leur dignité. Majesté BANDA, porte-parole de cette population délaissée, lance un cri d’alarme poignant, appelant à une prise de conscience collective.
« Qu’il est affligeant de constater qu’au 21e siècle, en l’an 2024, des êtres humains soient réduits à boire une telle eau », s’indigne Majesté BANDA. Dans ses paroles, on ressent la détresse de ces hommes, femmes et enfants, confrontés chaque jour à une réalité inacceptable : une eau brune, opaque, puisée dans une rivière contaminée, ou extraite d’un puits de fortune creusé à la main, devient leur seule source de vie. Mais cette eau, malgré une décantation rudimentaire à l’alun, reste porteuse de maladies, mettant en péril la santé de toute une communauté.
Pourtant, nous sommes dans les encablures de Djougou, département de la Donga, nord du Bénin. C’est à environ 25 kilomètres seulement de la capitale départementale, que ce drame silencieux se joue. Dans le camp Peulh « Gah Bééri », une communauté entière est en proie à une souffrance incommensurable, contrainte de subsister grâce à une eau insalubre. Une eau, boueuse et opaque, qui est leur seul espoir dans un quotidien où chaque gorgée pourrait être celle de trop.
Majesté BANDA, figure de proue de cette communauté en détresse, a choisi de briser le silence. Il a décidé d’être porteur du message de souffrance de ces femmes courbées sous le poids d’une résignation amère, ramassant avec une lassitude accablante l’eau de la rivière, cette eau qui, bien que contaminée, demeure leur unique source de vie. Un puits de fortune, creusé à la main par des hommes déterminés, offre une maigre alternative, mais cette solution de fortune ne fait que renforcer l’urgence de la situation.
Malgré la décantation sommaire de cette eau à l’aide d’alun, les menaces invisibles, ces microbes insidieux, continuent de rôder, prêts à frapper à tout moment. Les mères, conscientes du danger, n’ont d’autre choix que de servir cette eau à leurs enfants, à leurs époux, en priant pour qu’aucun malheur ne les frappe ce jour-là.
Les enfants de « Gah Bééri », ces innocents dont les visages trahissent une douleur silencieuse, subissent une épreuve qui dépasse l’entendement. Chaque jour qui passe sans une solution tangible est un jour de plus où leur avenir est mis en péril. La peur de contracter des maladies liées à la consommation de cette eau est omniprésente. Pour ces familles, chaque gorgée d’eau est une épreuve, un pari contre la maladie et la mort.
Majesté BANDA appelle à une prise de conscience collective. Aux autorités locales, aux citoyens de Djougou, il adresse un message poignant : « Ouvrez vos cœurs à cette souffrance. Reconnaissez-la, et agissez. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont vos concitoyens. Leur agonie ne doit plus être ignorée. » Pour lui, et pour tous les habitants de « Gah Bééri », l’accès à l’eau potable est un droit fondamental, un droit qui garantit non seulement la vie, mais aussi la dignité de cette communauté. « Gah Bééri » ne doit plus être synonyme de désespoir.
La dignité humaine ne saurait être un luxe réservé à quelques-uns. L’histoire de « Gah Bééri » est un appel à l’action, une invitation à réaffirmer notre engagement pour un monde où chaque vie compte. Aujourd’hui plus que jamais, la solidarité doit s’exprimer en actes, pour que plus jamais aucune communauté ne soit contrainte de survivre dans de telles conditions.
José Pascaël AGBO (Correspondant Alt-Littoral)
![]()