Créé en novembre 2024 pour fédérer les forces politiques face au régime de Patrice Talon, le Cadre de concertation de l’opposition béninoise n’est déjà plus que l’ombre de lui-même. À quelques mois des élections générales de 2026, le retrait du MPL, la prise de distance de la NFN et la candidature solitaire de Daniel Edah laissent Les Démocrates isolés dans une plateforme vidée de sa substance.
À son lancement, la structure réunissait cinq partis, Les Démocrates (LD), Génération Solidaire pour la République (GSR), Mouvement Populaire de Libération (MPL), Nouvelle Force Nationale (NFN) et Nous le Ferons. Coordonnée par Eugène Azatassou (LD), elle s’était fixée des objectifs ambitieux : relecture du code électoral, audit du fichier, et construction d’un cadre démocratique crédible pour 2026.
Moins d’un an plus tard, les fractures sont béantes. Le MPL, par la voix de son président Expérience Tébé, a claqué la porte le 5 septembre, dénonçant duplicité, manque de cohésion et incapacité à atteindre les objectifs initiaux. La NFN de Dr Apollinaire Avognon, sans déclaration officielle de retrait, s’affiche désormais comme « force de proposition alternative », refusant toute étiquette d’opposition et multipliant les critiques contre Boni Yayi. Quant à Daniel Edah (Nous le Ferons), il a choisi la voie solitaire en annonçant sa candidature présidentielle dès mai 2025, sans concertation, accentuant l’éclatement du collectif.
Ces départs et prises de distance traduisent l’incapacité de l’opposition à dépasser ses divergences et à présenter une alternative unifiée. Les ambitions personnelles, les positionnements idéologiques flous et l’absence de discipline stratégique compromettent toute chance de front commun.
Désormais seuls à porter un cadre devenu presque symbolique, Les Démocrates se retrouvent face à un défi de taille : relancer une dynamique d’unité ou assumer l’échec d’une plateforme réduite à une coquille vide. Dans un contexte où parrainages et réformes institutionnelles imposent rigueur et stratégie, la division actuelle pourrait coûter très cher à l’opposition en 2026.
Patrice BIAOU
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