SYSTÈME FINANCIER INTERNATIONAL : Les BRICS explorent l’interconnexion de leurs systèmes de paiement et de leurs monnaies numériques

La Reserve Bank of India (RBI) a annoncé, le 11 août 2026 à Mumbai, par la voix de son gouverneur Sanjay Malhotra, que les pays des BRICS étudient actuellement la connexion de leurs systèmes de paiement rapides et de leurs monnaies numériques de banque centrale, dans la perspective du sommet du groupe prévu en Inde cette année.

Face à la fragmentation croissante du système financier international, les puissances émergentes du groupe BRICS accélèrent leur quête d’indépendance monétaire. C’est dans ce contexte que les discussions autour d’une meilleure interconnexion des infrastructures de paiement ont refait surface. Selon les déclarations du gouverneur de la RBI, plusieurs pistes sont actuellement à l’étude, parmi lesquelles la mise en réseau des systèmes de paiement instantané des différents pays membres, ainsi que celle de leurs monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Ce chantier avait déjà été évoqué par la RBI en janvier dernier, qui souhaitait voir la question inscrite à l’ordre du jour du prochain sommet. L’ambition affichée n’est pas la création d’une monnaie commune aux BRICS, mais bien de simplifier et de réduire le coût des transactions entre pays membres. À l’heure actuelle, un paiement international reste généralement plus onéreux et plus complexe qu’une opération réalisée à l’intérieur d’un même pays. En reliant leurs systèmes de paiement rapides, les BRICS espèrent fluidifier certaines transactions, tandis que la connexion des CBDC ouvrirait la voie à des règlements directs entre monnaies numériques nationales. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des travaux déjà engagés au sein du groupe autour de l’interopérabilité des paiements et de la promotion des monnaies locales dans les échanges commerciaux, notamment à travers l’initiative BRICS Pay. Pour New Delhi, l’enjeu dépasse la seule coopération régionale : il s’agit aussi de renforcer le rayonnement international de la roupie indienne, un objectif que la RBI dit vouloir poursuivre activement. Cette volonté de coopération monétaire n’est pas nouvelle. La Russie et la Chine ont déjà multiplié les transactions en rouble et en yuan dans leurs échanges bilatéraux, pendant que l’Inde tente d’imposer sa propre devise auprès de ses partenaires commerciaux. Le projet demeure toutefois à un stade exploratoire. Les pays membres ne partagent ni le même niveau de développement technologique, ni le même calendrier dans la mise en place de leurs monnaies numériques respectives, ce qui complique la définition de standards communs. À cela s’ajoutent des questions de gouvernance, de réglementation et de cybersécurité, incontournables pour des infrastructures appelées à traiter des flux financiers transfrontaliers sensibles. Aucune architecture technique n’a d’ailleurs été arrêtée à ce jour, et l’hypothèse d’une monnaie unique reste, elle aussi, écartée pour l’instant.

À court terme, l’objectif affiché reste modeste : alléger le coût des paiements entre pays membres. Mais si l’interopérabilité venait à se concrétiser, elle pourrait renforcer significativement le poids des monnaies locales dans les échanges internationaux et doter les BRICS d’un levier supplémentaire face au système financier dominé par le dollar.

Souvenir ZANNOU

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