Le troisième rapport économique de la Banque mondiale sur le Bénin, rendu public le 17 juillet 2025, offre une photographie contrastée mais globalement optimiste de la trajectoire économique du pays. Intitulé « Accroître la mobilisation des recettes intérieures tout en protégeant les pauvres », le document salue des performances notables tout en appelant à des ajustements structurels pour une croissance plus équitable.
Avec une croissance du PIB atteignant 7,5 % en 2024 – l’une des plus fortes enregistrées depuis plusieurs décennies –, le Bénin confirme son ancrage parmi les économies dynamiques de la région. Cette performance est portée par la montée en puissance des secteurs tertiaire et industriel, signes d’une diversification réussie et d’une intégration économique en progrès.
Le recul du taux de pauvreté, passé de 33,2 % à 31 %, témoigne de l’impact tangible des politiques d’inclusion sociale mises en œuvre. Une baisse encourageante, même si les disparités restent visibles, notamment en milieu rural.
Sur le plan macroéconomique, la rigueur budgétaire est également saluée. En maintenant le déficit à 3 % du PIB, le Bénin reste conforme aux critères de convergence de l’UEMOA, confortant la crédibilité de sa gouvernance économique. La Zone industrielle de Glo-Djigbé, moteur d’industrialisation, apparaît comme un levier clé pour l’intégration du pays dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Cependant, tout n’est pas encore gagné. La Banque mondiale insiste sur l’urgence de renforcer la mobilisation des recettes fiscales. Si les réformes engagées depuis 2016 ont permis de rendre les finances publiques plus résilientes, une simplification du système fiscal, appuyée par une digitalisation accrue, demeure essentielle pour élargir l’assiette et réduire les poches d’inefficacité.
Enfin, le rapport recommande une meilleure redistribution des richesses. Des transferts sociaux plus ciblés et mieux calibrés contribueraient à accélérer la réduction des inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.
En somme, le Bénin progresse à grands pas, mais le défi à venir est clair : consolider les acquis sans laisser personne de côté. Une équation que seule une gouvernance économique plus inclusive permettra de résoudre durablement.
