Du mercredi 03 au vendredi 05 décembre 2025, le Département de science politique de la Faculté de droit et de science politique (FADESP) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a organisé trois mini-colloques scientifiques. L’activité s’est déroulée dans la salle des actes de la faculté, sous la coordination conjointe des professeurs, docteurs et étudiants. Le troisième colloque était consacré au thème général : « Les conférences nationales en Afrique : 35 ans après », structuré en deux panels complémentaires.
« Changement politique en Afrique ». Ce premier panel, modéré par le Professeur Fidèle Ayena, comprenait deux communications. La première communication : « Les nouveaux débats francophones », est modéré par le professeur Victor Topanou. Dans son intervention, le Professeur Victor Topanou a développé une réflexion comparative entre les pays africains francophones et anglophones, en montrant que leurs philosophies politiques diffèrent sensiblement. Il a notamment insisté sur l’évolution des débats constitutionnels, soulignant que « les conseils de la classe de l’intelligentsia francophone ne sont pas identiques à ceux observables dans les pays anglophones ». Selon lui, ces divergences influencent directement la dynamique des réformes institutionnelles actuelles sur le continent. Ensuite, pour clôturer ce premier panel, il y a eu une communication sur le : « Totémisme des assises nationales et fabrique d’une anthropologie politique du changement en Afrique ». Une présentation du Dr Denis Lawson. Le Dr Denis Lawson a, quant à lui, analysé la manière dont certains acteurs politiques utilisent le droit pour justifier des révisions constitutionnelles. Il a rappelé que « la constitution doit demeurer un texte fondamental, qu’on ne modifie pas par simple opportunité politique ». Toutefois, il a aussi reconnu que « la constitution n’est pas sacrée au point d’être immuable », précisant que les réalités de 1990 ne sont pas nécessairement celles d’aujourd’hui. Selon lui, toute révision doit rester cohérente, responsable et non instrumentalisée. Cette troisième et dernière journée, prenant l’ascension vers son apogée, a connu un dernier panel placé sous le thème : « Régimes politiques, système partisan et société civile en Afrique ». Dirigée par le Professeur Victor Topanou, cette deuxième partie comprenait également deux communications. En effet la première sommaire de ce panel est intitulé : « Réforme du système partisan au Bénin : du multipartisme intégral au multipartisme limité », dirigé par Dr. Arnaud Houénou. À travers une analyse historique, le Dr. Arnaud Houénou a retracé l’évolution du système partisan béninois, depuis la période révolutionnaire jusqu’à aujourd’hui. Il a montré comment différents régimes ont progressivement limité le nombre de partis politiques, afin de renforcer la lisibilité de la vie politique et d’éviter une « fragmentation excessive du champ partisan ». La second volet de panel : « L’insertion de la chefferie traditionnelle dans l’État béninois : comparaison avec le Togo et le Ghana », est conduit par Dr. Waldémar de Souza. Il a présenté une étude comparative révélant que la chefferie traditionnelle continue d’exister au Bénin, mais que les textes de 2019 ont officiellement reconnu deux catégories de chefferies, tandis que deux autres ont été supprimées.
Il a également mis en lumière les différences structurelles observées au Togo et au Ghana, où la place de la chefferie reste plus stable et institutionnalisée.
Pour conclure ces trois jours de réflexions, le Doyen de la faculté, professeur Léon Djosse a lancé un appel solennel aux étudiants. Il les a encouragés à approfondir leur culture intellectuelle, affirmant que « votre monde est le monde des meilleurs parmi les bons, et pour être meilleur, il n’y a pas d’autre solution : il faut lire ». C’est sur ces mots forts que le colloque a été officiellement clôturé.
Souvenir ZANNOU
